L’intuition - Le titre de ce livre est Les secrets des mentalistes.
By Pascal Le Guern & Tibor the Mentalist
L’intuition est un ressenti issu de la pensée ou d’un jugement personnel, à la suite d’un événement, et qui suscite une émotion particulière. Étymologiquement, « intuition » vient des mots latins intuitio – image réfléchie dans un miroir – et intueri, in signifiant « en », « dans », et tueri « regarder attentivement, contempler ». Intueri désigne donc l’acte de regarder attentivement à l’intérieur de soi. L’intuition représente une forme de connaissance directe et spontanée, qui ne s’appuie ni sur l’expérience, ni sur des indices sensoriels extérieurs à nous : il s’agit d’accéder à une connaissance qui provient de notre intérieur. Les racines latines du mot prennent ici tout leur sens : une faculté de discernement de l’esprit.
À nos yeux, c’est Platon qui illustre au mieux cette définition. À 27 ans, il est déjà connu pour de nombreuses représentations, conférences, comédies et tragédies. Il est l’un des plus fascinants personnages de son époque, reconnu pour son écriture philosophique. Pour lui, le monde est séparé en deux catégories : l’une est liée aux cinq sens, celle qui nous met en contact avec le monde extérieur ; l’autre est liée aux sensations, à l’invisible, au monde des idées.
Le Suisse Paracelse (1493-1541), pour qui réaliser une prophétie n’avait rien d’extraordinaire, tenta d’expliquer, dans son ouvrage intitulé La Prognostication, que c’est l’intuition qui entre en ligne de compte dans ce phénomène ; il n’y a ni logique ni magie. Cet être très spirituel entrait aussi bien en communication avec l’avenir qu’avec la maladie, il percevait le monde physique et spirituel par un sens intuitif que la science n’a pas encore expliqué.
L’intuition est une faculté ultime du mentaliste. Celui qui la maîtrise a déjà un certain niveau d’expérience. Elle permet, durant une représentation par exemple, de ressentir intérieurement et avec justesse tout ce qui l’entoure afin de prendre la bonne attitude et de faire le bon choix au bon moment.
Expérience d’intuition
- Effet Le mentaliste présente cinq enveloppes et indique qu’un billet de 50 euros se trouve dans l’une d’elles. Il propose de mettre en jeu cette somme en demandant à un spectateur de faire appel à son intuition pour tenter de découvrir l’enveloppe qui contient le billet. Après plusieurs échecs, le mentaliste ouvre la dernière enveloppe restante et récupère bien sûr ses 50 euros !
- Vidéo de présentation
- Matériel
- Cinq enveloppes classiques
- Six petites enveloppes
- Un marqueur noir
- Un billet de 50 euros
- Secret et présentation Le secret consiste simplement à cacher l’une des enveloppes. Voici précisément comment procéder :
- Avant de monter sur scène, numérotez au marqueur les cinq grandes enveloppes sur le côté opposé au rabat de 1 à 5.
- Prenez les cinq petites enveloppes vides et placez-les à l’intérieur des cinq grandes enveloppes.
- Prenez la sixième petite enveloppe et glissez votre billet de 50 euros à l’intérieur. Cette sixième petite enveloppe est en réalité cachée derrière les grandes à l’abri du regard des spectateurs (voir illustration). Elle n’est donc pas placée à l’intérieur d’une grande enveloppe, et c’est là que réside l’astuce de cette expérience : ainsi, chaque grande enveloppe numérotée choisie par le public sera forcément vide !
- Présentez les cinq grandes enveloppes à votre public en expliquant qu’une seule comporte un billet de 50 euros. Demandez à quatre spectateurs de choisir une grande enveloppe numérotée en se basant sur leur intuition pour trouver celle qui contient la récompense.
- À chaque fois qu’un spectateur choisira une enveloppe, vous ferez discrètement glisser et permuter la petite enveloppe (contenant le billet) derrière la grande enveloppe qui vous restera en main et qui sera par élimination l’enveloppe du mentaliste.
- Demandez à vos quatre spectateurs d’ouvrir leurs grandes enveloppes. Ils vont découvrir une petite enveloppe à l’intérieur.
- Dans le même temps, ouvrez votre enveloppe et faites semblant d’en sortir la petite enveloppe. En réalité, vous faites apparaître l’enveloppe cachée derrière la grande enveloppe renfermant les 50 euros. Avec un peu de pratique devant un miroir, le geste pour permuter la petite enveloppe incluant le billet derrière les grandes enveloppes non choisies se fera très naturellement et vous la ferez glisser derrière le rabat de la grande enveloppe pour donner l’illusion qu’elle en sort.
- Confiez votre petite enveloppe à un cinquième spectateur pour qu’il s’assure que vous n’allez pas tricher en l’ouvrant.
- Demandez à vos quatre spectateurs d’ouvrir leurs petites enveloppes. Ils constatent avec dépit qu’elles sont vides !
- Demandez qu’on ouvre votre enveloppe : elle contient les 50 euros ! Vous avez eu de la chance : aucun des quatre spectateurs n’a eu cette fois une bonne intuition !
Un petit conseil : ne regardez pas trop le dos de vos grandes enveloppes pendant que vos deux pouces font glisser la sixième petite enveloppe derrière la grande enveloppe qui n’est pas choisie par le spectateur. Vous pouvez bien sûr proposer cette expérience à une seule personne qui fera les quatre choix plutôt qu’à quatre personnes. Mais nous vous conseillons d’avoir quatre spectateurs, car vous verrez que, quand vous demandez à tout le monde d’ouvrir les petites enveloppes, cela fait durer le suspense et vous permet de camoufler plus aisément votre manipulation…
D’autres expériences liées à l’intuition
L’intuition diabolique
- Effet Après avoir placé sur la table une carte rouge et une carte noire (faces visibles) en précisant qu’elles vont être des « cartes témoins », le mentaliste propose à un spectateur de lui indiquer, au hasard et selon son intuition, quelle est la couleur de la carte qui arrive : rouge ou noire ? Selon la couleur choisie, il pose la carte (face cachée) sur l’une des cartes témoins. Il fait de même avec le reste du paquet. À la fin, les cartes sont retournées pour vérification : toutes les cartes rouges sont dans la « colonne rouge » et toutes les cartes noires sont dans la « colonne noire » !
- Matériel
- Un jeu de trente-deux cartes
- Secret et présentation Dans cette expérience, les rôles sont inversés et c’est le spectateur qui devient le médium.
- Préparez secrètement le jeu de cartes en séparant les cartes rouges et les cartes noires et en les empilant en deux tas.
- Devant les spectateurs, extrayez du jeu une carte rouge et une carte noire et annoncez que ce sont des « cartes témoins ». Posez-les sur la table (faces visibles), l’une à côté de l’autre pour délimiter deux futures colonnes verticales.
- Prenez le paquet de cartes (faces retournées) en main et soulevez une première carte. Posez la question suivante à un volontaire : « Cette carte est-elle rouge ou noire ? » Quelle que soit sa réponse, posez cette carte sur une carte témoin correspondant à la couleur choisie (face cachée).
- Emparez-vous d’une deuxième carte et posez la même question : « Et, pour cette carte-ci, avez-vous l’intuition d’une carte rouge ou d’une carte noire ? » Posez cette deuxième carte sur la carte témoin adéquate (toujours face cachée).
- Faites de même avec les cartes suivantes jusqu’à la quatorzième carte. Si le spectateur veut mettre toutes les cartes sur une même couleur, expliquez-lui qu’il est préférable d’équilibrer à peu près les paquets. À ce moment de l’expérience, les cartes témoins sont recouvertes chacune d’un certain nombre de cartes. Mais des deux côtés les cartes sont rouges (ou noires, selon l’agencement de votre paquet, mais, dans tous les cas, une seule couleur a été distribuée).
- Prétextez que, pour éviter toute triche et équilibrer davantage les paquets, vous allez placer une nouvelle carte témoin sur chaque tas (voir illustration).
- Regardez les cartes restantes du paquet que vous avez en main (sans que les spectateurs puissent les voir) et extrayez une carte rouge et une carte noire. Posez la carte rouge sur le tas « censé être » noir et la carte noire sur le tas « censé être » rouge (faces visibles).
- Expliquez bien au spectateur que la règle de l’expérience n’évolue pas et que seules les cartes témoins ont changé de côté.
- Continuez à placer les cartes en interrogeant le spectateur sur ses intuitions. Après quelques instants, vous pouvez même lui tendre les cartes qu’il vous reste en main pour l’inviter à poursuivre seul : lorsqu’il « sent » une carte rouge, il la pose (face cachée) sur la carte témoin rouge et quand il a l’impression qu’il s’agit d’une carte noire, il la pose (face cachée) sur la carte témoin noire.
- Une fois toutes les cartes distribuées, deux paquets de cartes se retrouvent sur la table. L’un possède une carte témoin rouge recouverte de cartes rouges puis une carte témoin noire recouverte de cartes noires. L’autre paquet possède une carte témoin noire recouverte en réalité de cartes rouges puis une carte témoin rouge recouverte en réalité de cartes noires. L’un des paquets est donc rigoureusement exact, mais dans le second paquet les cartes sont inversées – par rapport aux cartes témoins.
- Commencez par montrer que l’expérience d’intuition se révèle juste en retournant les cartes du premier paquet.
- Le spectateur n’en croit pas ses yeux, et pendant ce petit instant d’incompréhension, enlevez les cartes témoins du paquet restant (sans toucher aux autres cartes).
- Rassemblez les cartes du paquet « imparfait » et retournez-les toutes afin de montrer que toutes les cartes rouges sont ensemble et toutes les cartes noires aussi !
Voir à travers la matière
- Effet Le mentaliste donne un jeu de cartes à vérifier, le bat et demande à un spectateur de faire quatre tas de cartes (faces cachées). Après quelques instants de réflexion, il est capable d’annoncer les premières cartes de chaque tas !
- Matériel
- Un jeu de cartes
- Secret et présentation Il serait très facile de réaliser cette expérience avec un jeu de cartes marquées (voir Lexique) mais, bien entendu, vous allez pouvoir briller en empruntant le paquet de cartes d’un spectateur. Cette expérience est basée sur le « temps d’avance ».
- Donnez le jeu de cartes à vérifier à un spectateur et faites-le battre.
- Afin de prouver que le jeu a été parfaitement mélangé, ouvrez les cartes et profitez-en pour regarder discrètement la dernière carte (supposons qu’il s’agisse d’un valet de carreau).
- Refermez le paquet et posez ce tas de cartes sur la table (faces cachées). N’oubliez pas que vous connaissez la carte du dessus (valet de carreau).
- Invitez un spectateur à faire quatre tas (vous ne connaissez pas les premières cartes des trois premiers tas, en revanche vous connaissez la carte du quatrième : le valet de carreau).
- Avant de soulever la première carte du premier tas, annoncez qu’il s’agit du valet de carreau (c’est bien entendu totalement faux : vous savez que le valet de carreau est sur le quatrième tas). Ne montrez pas cette carte tout de suite, gardez-la en main.
- Imaginons que la carte que vous venez de soulever (et que vous avez annoncée être le valet de carreau) soit un huit de cœur, prétendez que la première carte du deuxième tas est un huit de cœur. Soulevez la carte et gardez-la en main en confirmant qu’il s’agit bien d’un huit de cœur.
- Vous avez compris le processus. Supposons que cette deuxième carte (que vous avez annoncé être un huit de cœur) soit une dame de trèfle, vous allez dire que la carte du troisième tas est une dame de trèfle.
- Faites de même pour la dernière carte. Vous avez donc à présent en main les quatre cartes que vous aviez annoncées.
- Mélangez vos quatre cartes (afin que les spectateurs ne se rendent pas compte qu’elles ne sont pas rangées dans l’ordre où vous les avez annoncées).
- Montrez que vos quatre divinations sont exactes !
Sous le bandeau
- Effet Le mentaliste place cinq oranges sur une table, en prend une au hasard et la fait signer par un spectateur. Le spectateur lui bande ensuite les yeux et glisse toutes les oranges dans un sac. Après quelques secondes de concentration, le mentaliste plonge la main dans le sac et en ressort l’orange signée !
- Matériel
- Cinq oranges
- Un stylo
- Un morceau de tissu (le bandeau)
- Un sac
- Secret et présentation Afin de renforcer la puissance de cette expérience et pour ne pas être traité de tricheur, choisissez des oranges quasiment identiques.
- Avant de commencer, vous devez « préparer » une orange : faites-la rouler sur une table afin de la rendre molle. Extérieurement, elle reste strictement identique aux autres, mais, au toucher, elle est immédiatement reconnaissable.
- Une fois sur scène, montrez les oranges au public.
- Faites mine d’en choisir une « au hasard ».
- Faites-la signer par un spectateur et dites-lui de la glisser dans un sac avec les quatre autres oranges.
- Demandez à ce qu’on vous bande les yeux.
- Plongez vos mains dans le sac : vous repérez immédiatement l’orange qui est plus molle que les autres.
- Sortez l’orange du sac pour prouver vos dons !
Subterfuge
- Effet Le mentaliste confie trois crayons à un spectateur en lui demandant de les vérifier. Ces crayons sont strictement identiques (même taille, même aspect) hormis leur couleur. Tandis qu’il a le dos tourné, il invite le spectateur à placer les trois crayons dans sa main, puis se retourne (il fait donc face aux spectateurs et les trois crayons sont derrière son dos). Il demande alors à plusieurs reprises le crayon que veulent voir apparaître les spectateurs et, comme s’il avait des yeux dans le dos, sort systématiquement le crayon de la bonne couleur !
- Matériel
- Six crayons identiques mais de couleurs différentes : deux crayons bleus, deux crayons rouges et deux crayons verts, par exemple
- Secret et présentation Le secret de cette expérience réside dans le fait de posséder deux jeux de crayons identiques.
- Glissez un jeu de crayons (un bleu, un rouge et un vert) dans votre dos, soit dans la ceinture de votre pantalon, soit coincés entre votre chemise et votre pantalon (le tout étant caché par une veste ou un pull).
- Mémorisez l’ordre dans lequel ces crayons sont rangés derrière vous.
- Face aux spectateurs, proposez une expérience et invitez une personne à vérifier trois crayons (votre second jeu de crayons).
- Retournez-vous et demandez au spectateur de placer les trois crayons dans vos mains.
- Faites à nouveau face aux spectateurs. Vos mains, dans votre dos, tiennent les trois crayons. Trois autres crayons sont toujours cachés sous vos vêtements.
- Demandez une couleur au spectateur (supposons qu’il annonce le bleu).
- Prenez le crayon correspondant à la couleur désignée dans le jeu que vous aviez préalablement caché (sous vos vêtements) et dont vous connaissez l’emplacement exact.
- Montrez ce dernier (le bleu) au spectateur et reproduisez l’expérience plusieurs fois !
Témoignage d’un professionnel
Alexis Champion, remote viewer
Dites-nous un peu qui vous êtes… Je suis le fondateur et le directeur d’une petite société pas comme les autres et j’ai l’immense chance d’exercer une profession… pas comme les autres. Je suis un intuitif professionnel, au service des entreprises et de diverses institutions (police, justice, musées, etc.). Par ailleurs, avec mes collaborateurs d’Iris Intuition je forme des managers, des thérapeutes, des artistes, des ingénieurs, et tout individu qui le souhaite, au développement et à l’usage de l’intuition. Curieuse activité ! Car, avec l’intuition, il est préférable de travailler en aveugle, c’est-à-dire en en sachant le moins possible (idéalement rien) sur ce sur quoi nous souhaitons la mettre en œuvre, l’utiliser. « Intuiter », c’est percevoir, et donc savoir, mais sans indices, sans prise logique sur ce savoir ; ainsi, faire preuve d’intuition, c’est savoir sans savoir pourquoi on sait ! Ce qui n’empêche pas de savoir comment le phénomène intuitif se produit, et comment l’utiliser, à volonté.
Qu’est-ce que l’intuition, pour vous ? C’est la question à se poser avant toute chose. Je me la suis posée moi-même il y a une dizaine d’années, lorsque j’ai quitté la recherche informatique (j’ai passé un doctorat en intelligence artificielle, dans le champ de la réalité virtuelle), pour m’intéresser à la recherche scientifique sur les capacités de la conscience humaine. L’intuition, chacun en a sa petite idée, sa propre définition, en somme. Pour certains, l’intuition peut être une petite voix intérieure ou un sixième sens. D’autres la considèrent comme une certitude, une conviction, une évidence, qui peut prendre la forme d’une sensation, d’un ressenti (ce « ressenti des tripes », le gut feeling des Anglo-Saxons). Pour d’autres, c’est une sorte de sagesse intérieure. Les créatifs, eux, parlent d’inspiration. Pour les scientifiques, c’est la révélation, l’éclair de génie : « Eurêka ! » Ça peut aussi être « avoir du flair », faire appel à son instinct, écouter son cœur… Ces définitions sont autant de tentatives pour cerner le phénomène intuitif. Toutes ces expressions, tous ces ressentis sont exacts pour évoquer l’intuition, ils se réfèrent effectivement à cette notion, qui reste d’une certaine façon assez mystérieuse. L’intuition a quelque chose de magique. Mais cette magie nous est permise, nous est accessible. Elle est due à ce qui fait la nature de l’univers, de notre conscience. Avec l’intuition, l’extraordinaire peut devenir ordinaire, pour peu qu’on se penche sur cette capacité si mystérieuse et intime. Difficile à cerner, l’intuition est souvent définie par ce qu’elle n’est pas : « C’est une forme de connaissance immédiate qui ne recourt pas au raisonnement », nous apprend Le Petit Larousse. Mode de connaissance indépendant de la raison, l’intuition fournit d’emblée une information pertinente, sans « trituration des méninges », sans calcul, sans recours à l’analyse, à la déduction ou à la pensée logique. Nul besoin d’informations de départ, elle s’offre spontanément. À ce titre, elle n’est pas le résultat d’un raisonnement inconscient, mais le fruit d’un mode d’accès particulier à l’information. Tout cela nous indique des choses étonnantes sur l’intuition. Par définition, il s’agit d’un non-raisonnement. Et le raisonnement est la capacité à faire des liens logiques, des liens entre ce qui est perceptible dans notre environnement proche ou accessible à notre mémoire, c’est-à-dire notre environnement passé. Ainsi, à cet égard, l’intuition est plus rapide que le raisonnement, d’où cette sensation d’immédiateté ; ne s’appuyant pas sur du connu pour apporter de nouvelles informations, elle n’est pas freinée ou limitée par l’espace et le temps, et elle permet ainsi de répondre à tous types de questions… L’intuition est libre !
Que dit la science de l’intuition ? Des milliers de recherches ont été et sont encore menées sur l’intuition. Quelques dizaines de laboratoires et de chercheurs l’étudient. Et les résultats sont étonnants, reflétant parfaitement la définition que le dictionnaire nous en donne, et ce que cette définition implique. Ainsi, nous savons que l’intuition est en chacun de nous, et qu’elle est présente à tout instant. Seulement, nous n’avons conscience de ce qu’elle nous dit que de temps en temps. Simplement parce que nous ne prêtons généralement pas attention à ces messages, ni même à leur existence en nous. La science nous dit aussi que la capacité intuitive nous permet de percevoir les choses, qu’il s’agisse de situations, d’événements, de lieux, de personnes ou d’objets, sans contraintes spatiales ou temporelles ; l’intuition nous donne accès à l’ici et à l’ailleurs, au présent, au passé et au futur. Aussi, nous savons grâce aux recherches que l’intuition peut être convoquée, appelée et utilisée, à volonté. Il suffit d’en avoir l’intention, de s’ouvrir à elle, et de savoir reconnaître ses messages parmi le flot de pensées et de ressentis qui viennent la parasiter. Le processus intuitif est suffisamment bien identifié aujourd’hui pour que chacun puisse le vivre consciemment, pour peu qu’un apprentissage soit engagé. Car, oui, utiliser son intuition, ça s’apprend… pour des applications concrètes et efficaces !
Comment utiliser notre intuition ? Le mode intuitif est un processus physiologique (corporel) et cognitif (lié à la pensée) à part entière. Cela signifie que nous possédons tous cette capacité, et que nous pouvons la développer en tant que réelle compétence, tout comme nous avons la capacité d’apprendre à nager ou à jouer du piano. À cet égard, l’intuition n’est pas un don, et les moments intuitifs ne sont pas des cadeaux qui tombent du ciel. Celui qui s’exerce est sûr de devenir plus intuitif. Pour percevoir et savoir intuitivement de manière efficace, c’est-à-dire en restant centré sur son intuition et en évitant les interprétations ou projections risquées, il est nécessaire de suivre quelques règles de base :
- Moins on en sait, mieux c’est ! Faites en sorte de faire appel à votre intuition avant de raisonner sur la question ou la problématique que vous souhaitez résoudre.
- Définissez de manière claire la question sur laquelle vous souhaitez utiliser votre intuition. Et gardez-la à l’esprit tout le temps de votre exploration intuitive.
- Posez-vous des questions, tout un tas de questions ! Plus vous vous interrogez, plus votre intuition est mise à contribution. Être un bon intuitif, c’est avant tout être un bon explorateur.
- Posez-vous des questions d’ordre sensoriel, puis – et seulement après – d’ordre conceptuel. Par exemple posez-vous d’abord des questions pour savoir comment est concrètement quelque chose, puis interrogez-vous pour savoir à quoi ça sert, ce qu’il s’y passe, etc. Allez toujours du plus concret au plus complexe.
- Posez-vous des questions ouvertes, idéalement commençant par « comment », afin de décrire, de percevoir et d’apporter un maximum d’informations. Si vous utilisez « quoi » vous aurez tendance à créer des étiquettes, à analyser, et cela se fera souvent de manière erronée.
- Exprimez tout, tout, tout ! Dites et écrivez ; faites des croquis. De tout ce que vous percevez, de ce que vous ressentez. De toutes vos idées.
- Triez ! Il arrive généralement que nos émotions, nos jugements et nos interprétations entrent en jeu et se mêlent à nos perceptions intuitives. Ce que nous prenons alors pour des intuitions sont en fait l’expression de nos peurs, de nos désirs, de nos a priori ou de nos projections. Faire le tri et mettre de côté ce qui n’est pas de l’intuition, ce qui n’est pas recherché, est l’une des clés majeures de l’apprentissage et de l’utilisation de l’intuition.
Pourriez-vous nous donner un exercice d’exploration intuitive pour un lieu (expérience de remote viewing) ? Imaginons que l’on veuille explorer un lieu mystère. L’explorer intuitivement. Pour trouver quelque chose ou quelqu’un qui y serait, pour savoir où il serait sympa d’aller en vacances, ou valorisant et profitable de travailler, etc. Ces lieux existent déjà… dans votre futur ! Imaginons que l’on vous dise que le lieu à explorer intuitivement est celui dont nous vous montrerons des photos dans quelques minutes, disons quinze. Ce lieu, vous pouvez en percevoir les éléments, les caractéristiques ; vous pouvez percevoir ses composantes. En fait, savoir comment il est. Posons donc ensemble l’intention que nous allons explorer ce lieu mystère que vous découvrirez tout à l’heure. Entendons-nous bien : l’idée n’est pas d’imaginer le lieu que vous souhaitez, chacun, mais de décrire et de vivre LE lieu dont vous prendrez connaissance à la fin de l’exercice que nous allons maintenant réaliser. Pour cela, je vais vous guider. Je vais simplement vous poser des questions. Principalement d’ordre sensoriel : quelles sont les couleurs du lieu mystère, comment y sont les odeurs, les textures, etc. Et, de votre côté, chacun et chacune, vous allez percevoir, ressentir, avoir des impressions et des idées sur ce lieu mystère. Avant de commencer, je vais vous demander de prendre de quoi noter, un crayon et une feuille blanche. Et je vais vous poser la question suivante : « Qu’est-ce que vous pensez que le lieu est ? » L’idée est ici de prendre conscience de vos a priori sur ce lieu. Parce que les a priori sont généralement faux. Ensuite, portez votre attention sur le fait que, à partir de maintenant et pendant les minutes qui vont suivre, nous explorons et décrivons le lieu mystère, celui dont vous ne verrez des photos qu’à la fin de l’exercice. C’est parti ! Vous êtes maintenant sur ce lieu mystère, sur ce lieu bien précis. Vous êtes à taille humaine, au niveau du sol. Observez ! Quelle est la forme qui vous vient à l’esprit ? Quelle est la forme que vous percevez sur ce lieu ? Regardez ! Quelles sont les couleurs que vous percevez ? Touchez le lieu. Peu importe où, mais touchez ! Ça fait comment ? Comment sont les textures ? Percevez ! Notez ! Comment est la dureté de ce que vous êtes en train de toucher ? Appuyez sur cette partie du lieu ; ça fait comment ? Vous pouvez taper sur le lieu. Prenez conscience de la dureté. Elle est comment ? Maintenant, écoutez ! Comment est l’ambiance sonore ? Comment sont les sons ? Décrivez les sons ! Notez ! Quand vous respirez, ça fait comment ? Sentez ! Notez ce que vous percevez. À vous maintenant de continuer seul(e) votre exploration. Pensez simplement à explorer les champs suivants :
- Sensoriels de base : formes, couleurs, textures (toucher de surface), dureté, poids ou masses, densité, température, goûts, odeurs, sons, ambiance, luminosité, formes, taille.
- Dans l’espace : de face, à taille humaine, au niveau du sol, mouvements, du dessus, à l’extérieur, à l’intérieur.
- L’activité : devant vous, autour de vous… Autre chose ? Un oubli, une nouvelle perception…
Une fois l’exercice terminé, rendez-vous sur la page web suivante pour découvrir le lieu mystère :www.iris-ic.com/lieumystere
Et rappelez-vous cette citation du Petit Prince de Saint-Exupéry : « L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Alexis Champion