La synchronicité - Le titre de ce livre est Les secrets des mentalistes.
By Pascal Le Guern & Tibor the Mentalist
Vous est-il déjà arrivé de penser fortement à une personne et que, quelques instants plus tard, le téléphone sonne… Au bout du fil, la personne à laquelle vous pensiez ! Est-ce le hasard ? Le phénomène des coïncidences nous interpelle toujours : par exemple, vous avez une idée et une autre personne a la même idée que vous, au même instant. En mentalisme, nous allons utiliser ce phénomène pour produire des expériences de coïncidences impossibles entre plusieurs spectateurs. Ces coïncidences étonnantes, également appelées synchronicités ou sérendipités, nous laissent penser qu’elles ne sont pas dues au hasard, même si nous tentons toujours de ramener les choses à la logique et à la raison. Ces événements présentant un caractère des plus troublants nous laissent souvent dans le mystère le plus total. Nous nous sentons alors partis dans une autre dimension, en connexion avec l’inconnu. Dans son Livre des coïncidences, le docteur Deepak Chopra tente de démontrer que celles-ci ne sont pas de simples effets du hasard mais bien des signes envoyés par le destin : elles ouvrent une fenêtre sur une connexion avec notre double et sur les vibrations de l’univers.
La synchronicité résulte d’une combinaison de trois principes :
- L’événement doit être extérieur à l’individu.
- L’événement doit faire écho à une réalité intérieure.
- L’événement doit avoir du sens.
Selon Carl Gustave Jung (1875-1961), médecin psychiatre suisse fondateur de la psychologie analytique, l’apparition simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité existe. Jung s’est intéressé à la synchronicité avec son compatriote, le physicien Wolfgang Pauli (1900-1958), père de la physique quantique (prix Nobel en 1945), révélant le « principe fondamental acausal ». Leur alliance les a amenés à comprendre que deux événements, dénués de lien causal entre eux, peuvent en revanche être liés par un principe de correspondance, et qu’une forme d’inconscient collectif existe et nous permet de communiquer autrement qu’avec nos cinq sens. La synchronicité est alors définie comme une « coïncidence temporelle d’un état psychique donné et d’un ou de plusieurs événements extérieurs qui offrent un parallélisme de sens avec cet état subjectif du moment ; l’inverse pouvant aussi se produire ».
Mais l’interprétation prend un autre sens avec les expériences de mentalisme. Il est possible de démontrer que ce ne sont pas des événements issus du hasard mais bien des expériences réelles, nées d’une probabilité infime ; c’est d’ailleurs le thème de beaucoup de livres, films ou spectacles d’aujourd’hui.
Pour tenter de mesurer ce phénomène, le biopsychologue américain Gordon Gallup a inventé, dans les années 1970, une mesure de la conscience de soi, appelée « test du miroir », qui consiste à exposer des animaux à leur propre reflet. S’ils se reconnaissent, on peut prétendre à une certaine conscience de soi (certaines variétés de singes, d’éléphants et de dauphins, par exemple, entrent dans cette catégorie, tout comme les chiens et les chats pour qui il faut parfois plus d’entraînement toutefois pour y parvenir). Pour Gallup, la synchronicité est une forme de test du miroir : les gens ne voient que leurs propres interprétations (ce qu’ils pensent, ressentent et croient).
Tous ont expérimenté des coïncidences significatives mais ne réalisent pas que les images qu’ils voient sont la reproduction de leurs propres pensées, leurs actes, leurs sentiments, les souvenirs et les événements qu’ils ont déjà vécus. C’était également la pensée de Platon (IVe siècle avant J.-C.) dans sa fameuse allégorie de la Caverne. Il démontre, par un dessin représentant des hommes, des femmes et des enfants effrayés par leurs ombres au fond d’une grotte, que nous sommes semblables à des prisonniers, ignorants de notre propre projection des choses, à cause de nos croyances erronées. L’homme comprend le monde comme il le perçoit et non comme il est véritablement.
Il existe également des synchronicités de type historique, généalogique ou familial. Par exemple chez les jumeaux, grâce à des liens affectifs et empathiques très étroits, ou encore dans les milieux sociaux difficiles (situations dramatiques, troubles psychologiques), dans des états médiumniques ou des groupes de recherche spirituelle.
Maintenant, imaginez l’univers comme une immense toile de trampoline : si un événement à lieu à un endroit de la toile et qu’on laisse tomber un poids sur ce trampoline, il y aura forcément une répercussion à l’autre bout. Eh bien, vivre une expérience de synchronicité en mentalisme, c’est un peu la même chose : vous allez vous connecter avec une autre personne pour être sur la même longueur d’onde et faire ensemble et simultanément le même choix !
Vous ne nous croyez pas ? Alors, essayez !
Expérience de synchronicité
- Effet Le mentaliste et un spectateur s’emparent chacun d’un jeu de cartes. L’un et l’autre choisissent une carte de leur paquet au hasard et, quand on compare les deux cartes, on se rend compte qu’elles sont identiques !
- Présentation vidéo
- Matériel
- Deux jeux de cartes
- Secret et présentation Le trucage de ce tour de mentalisme repose sur une astuce bien connue des magiciens : l’utilisation d’une carte-clé. Ici, deux cartes-clés vont vous servir de repères pour réussir cette prouesse.
- Avant de monter sur scène, vous devez préparer deux jeux de cartes de la même manière : placez un roi de carreau (par exemple, mais vous pouvez choisir une autre carte, le seul impératif étant de la mémoriser) sur le dessus de chaque paquet et, au-dessous, un roi de cœur. Remettez les paquets dans leurs étuis respectifs. Ces deux jeux possèdent donc chacun deux cartes-clés que vous connaissez, dessus et dessous.
- Placez-vous en face d’un spectateur et posez vos jeux sur une table. Demandez-lui de choisir l’un des deux jeux et prenez l’autre pour vous.
- Invitez-le à faire précisément les mêmes gestes que vous, comme s’il était dans un miroir. Extrayez les cartes de l’étui et placez le paquet devant vous, faces des cartes vers le bas. Le spectateur fait donc strictement la même chose que vous.
- Avec une main, coupez le paquet de cartes (cela revient donc à prendre une petite partie du paquet que nous appellerons B) et posez-le à côté de l’autre (celui qui reste : A).
- Demandez au spectateur de prendre la première carte sur le paquet A, de la regarder et de la retenir. Faites exactement pareil que lui (à la différence près que vous n’avez pas besoin, vous, de retenir la carte que vous venez de voir).
- Dites-lui de reposer cette carte (face vers le bas bien entendu) sur le paquet B, puis de recouvrir le paquet B par le paquet A. Continuez à faire la même chose que lui.
- Chacun se retrouve donc avec un paquet reconstitué face à lui.
- À présent, tendez au spectateur votre jeu et prenez le sien en lui demandant de retrouver sa carte dans votre jeu. Dans le même temps, vous lui dites que vous allez chercher votre carte dans le sien. Bref, chacun doit retrouver sa carte !
- Tandis que le spectateur recherche véritablement sa carte, faites semblant de chercher la vôtre. En réalité, allez directement récupérer la carte qui se trouve maintenant entre le roi de carreau et le roi de cœur (vos deux cartes-clés) : c’est celle du spectateur (imaginons qu’il s’agisse d’un quatre de trèfle).
- Posez votre carte (c’est tout au moins ce que croit le spectateur) face invisible sur la table et demandez-lui de faire comme vous.
- Après avoir expliqué qu’il existe dans la vie des coïncidences extrêmement troublantes, retournez chacun votre carte en même temps : les deux cartes sont identiques (dans notre exemple : deux quatre de trèfle). Quelle synchronicité !
Une autre expérience de synchronicité
Le dessin synchrone
- Effet Le mentaliste invite un spectateur à le rejoindre sur scène et montre à l’assistance une petite feuille blanche cartonnée recto verso. Il demande ensuite au volontaire d’imaginer une image qui se formerait sur la feuille et le prie de la mémoriser. Afin de voir si le spectateur est synchrone avec l’esprit du mentaliste, le mentaliste dessine sur le carton vierge une image. Et quelle coïncidence incroyable : il s’agit de l’image pensée par le spectateur !
- Matériel
- Une petite feuille cartonnée (15 × 7 cm, par exemple)
- Un crayon à papier
- Un feutre noir
- Secret et présentation Nos yeux sont incapables de décrypter des mouvements lorsqu’ils sont rapides. Et, bien que cela semble incroyable, un symbole est dessiné sur la feuille blanche depuis le début de l’expérience. Lorsque le mentaliste demande à la personne de garder un symbole en mémoire, c’est bien entendu celui-ci qui sera mémorisé.
- Avant de procéder au tour, muni d’un crayon à papier, dessinez un objet au centre d’une petite feuille cartonnée. Le dessin doit être simple (une chaise, par exemple) et fait à traits extrêmement légers, à peine visibles. La clé de la réussite de l’expérience est la suivante : si vous agitez le papier de haut en bas, comme un éventail (voir illustration), le dessin devient invisible ! Vous pouvez tester le phénomène avant de vous produire.
- Invitez un spectateur à vous rejoindre et demandez-lui s’il croit au hasard. Puis montrez à l’assistance votre petite feuille cartonnée (en l’agitant doucement de haut en bas en permanence, afin de rendre le dessin invisible).
- Demandez au spectateur (complice d’un instant) de se concentrer sur la feuille blanche (arrêtez les mouvements face à ses yeux), d’y « voir » une image (dans notre exemple, la chaise) et de la mémoriser.
- Expliquez à l’assistance qu’il vous est a priori impossible de lire dans les pensées du spectateur mais que vous allez tenter l’expérience, en synchronisant vos ondes cérébrales respectives.
- Tenez la petite feuille cartonnée face à vous et repassez à l’aide d’un feutre noir sur le dessin (ici la chaise) qui était esquissé à traits ultrafins, en faisant mine de vous concentrer.
- Demandez au spectateur d’annoncer à voix haute le dessin qu’il a en tête.
- Montrez à l’assistance le dessin que vous venez de faire. Il s’agit bien du symbole annoncé par le spectateur (la chaise, donc) : vous venez de réaliser une coïncidence impossible. Pour clore le tour, demandez au spectateur s’il croit toujours au hasard !