Le calcul mental - Le titre de ce livre est Les secrets des mentalistes.
By Pascal Le Guern & Tibor the Mentalist
123 546 + 234 567 + 156 972 = ?
Soudain, une addition impossible à faire se produit sous vos yeux… Le mentaliste que vous êtes en train de devenir va être amené à jouer régulièrement avec les nombres. Le calcul mental est l’action d’effectuer des calculs mathématiques à l’aide de la mémoire et de la logique, grâce à l’apprentissage de diverses techniques qui peuvent différer selon les ethnies et le lieu géographique. L’interprétation des nombres compte parmi les plus anciennes pratiques.
Le père des mathématiques, Pythagore, phénoménologue, philosophe et mathématicien de génie, considérait d’ailleurs cela comme le plus haut degré de la connaissance ! Pour lui, rien ne pouvait être conçu sans le nombre. Inventeur de la table de multiplication, du fameux théorème qui définit que, dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés, il révolutionna la géométrie et devint une figure dominante de la philosophie grecque.
Il se pencha également sur la dynamique du chiffre invisible, à savoir le « nombre d’or », qui est encore considéré comme un modèle universel. Ce nombre d’or est avant tout une proportion, que l’on observe dans la nature, les arts et les sciences, et qui permet d’atteindre la symétrie, l’équilibre et l’harmonie. Dans l’Antiquité, elle fut nommée « divine proportion », « juste milieu », « section dorée », « rapport doré » ou encore « division sacrée ». En 2540 avant J.-C., les Égyptiens furent les premiers à utiliser cette proportion pour la construction de la pyramide de Kheops. Le sculpteur et mathématicien grec Phidias utilisa également cette proportion pour la réalisation des ornements du Parthénon à Athènes. On retrouve la divine proportion au Moyen Âge, dans la conception des cathédrales gothiques, et à la Renaissance dans la peinture et la sculpture. Léonard de Vinci considérait que le nombre d’or permettait d’ouvrir les portes du domaine des arts et de la science, et l’utilisa dans La Cène et La Joconde.
Euclide fut le premier mathématicien à traduire par la géométrie ce qui avait déjà été mis en œuvre dans la construction d’édifices sacrés. Traduite sous forme algébrique, la formulation d’Euclide permet de donner la valeur de 1,618033 au nombre d’or (appelé « phi » en hommage à Phidias).
Inspiré par les travaux de Pythagore, l’Allemand Cornelius Agrippa (1486-1535) pratiqua la « magie céleste » essentiellement basée sur les nombres qu’il considérait comme des symboles de vibrations régissant l’Univers. Tout comme Pythagore, il pensait que les sons, les couleurs et le cosmos tout entier sont en état de vibration permanente. Le cosmos, selon une triple hiérarchie, admet trois mondes : celui des éléments, celui des esprits et celui des intelligences. Et chacun en reçoit les influences. Agrippa est toujours considéré comme un grand initié des philosophies occultes dont l’origine remonte à l’Égypte antique.
L’Anglais Roger Bacon (v. 1220-1292) ayant fondé sa connaissance sur l’esprit d’Aristote (IVe siècle av. J.-C.), grand philosophe de la Grèce antique, pensait lui aussi que tout pouvoir dépend des mathématiques mais s’oppose à toute magie. « Dans la nature, écrivit-il, il n’y a point de magie, car la magie est inférieure à de telles choses et en est même indigne. » Sa philosophie reposait non seulement sur la sagesse de l’observation et du raisonnement, mais également sur l’expérience. Il affirmait ainsi : « Ayant établi par l’expérience ce que les philosophes ont montré comme évident avant nous, il s’ensuit immédiatement que toute connaissance ici-bas dépend du pouvoir des mathématiques. »
En mentalisme, les mathématiques sont très couramment utilisées et notamment pour les expériences avec des cartes. Si un mentaliste parvient à deviner à quel nombre vous pensez, il ne s’agit pas d’un don mais plutôt d’un habile calcul mental dont nous allons vous livrer ici quelques secrets.