Tome 2 : Chapitre 15 (Engy) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Navid continue à savourer son cigare tout en souriant à Saunders. Ce garde est grand et très costaud. Il porte une combinaison bleue et une cagoule qui cache même sa bouche. Je ne pense pas que leur anonymat sert à éviter que les filles les identifient, mais plutôt à se cacher des clients qui vont et viennent sur le ranch. Pour s’assurer qu’ils ne reconnaissent pas des gardes dans l’espace public par la suite : au restaurant ou à un match de foot avec leurs gosses et leur femme. C’est comme si Navid protégeait l’identité des membres qui travaillent pour lui.
C’est effrayant parce que… ça présage que ce sont des citoyens ordinaires ou même des personnalités respectées. Un prof de maths au lycée ? L’entraîneur de natation du campus ? L’infirmier qui assiste à des opérations ? Un père exemplaire qui fait un barbecue avec ses voisins ? Un flic à la retraite ? Ou… un flic toujours en service.
Saunders porte des gants en cuir et dans l’une de ses mains se trouve un bâton. Pas n’importe lequel : c’est comme une longue matraque noire, mais munie d’un dispositif paralysant à l’extrémité. J’entends un bruit statique suivi d’un courant électrique.
— Saunders est un Congolais fraîchement arrivé aux États-Unis avec sa famille, relate Navid. Ses nombreux cousins détiennent déjà des quartiers à Bismarck. C’est l’un des gangs les plus redoutables de l’État. Toutefois, ce qui l’intéresse, ce n’est pas la drogue, mais la traite d’humains. Il a entendu parler de moi et désormais, son avenir est ici. Il est muet comme une tombe parce qu’un gang ennemi lui a coupé la langue quand il était jeune.
Saunders actionne le mécanisme et, à nouveau, je perçois la décharge électrique au bout du manche. Je tressaille et Navid intervient :
— Non, non, ne t’inquiète pas, trésor, ce jouet n’est pas pour toi. Toi, t’as un traitement particulier, je te l’ai dit. Mais tu devras être patiente.
Navid désigne l’endroit où se trouve Bev et aussitôt Saunders obéit.
— Qu’est-ce qu’il va faire ?! Ne la touche pas, toi !
Navid se tourne vers moi.
— Ai-je entendu une protestation, ma beauté ? Souhaites-tu que le supplice de ton amie soit accentué ?
Je serre les dents si fort que je pourrais les casser.
Quand il constate que l’avertissement est clair, il s’écarte et c’est à ce moment que je vois l’homme cagoulé planter son long bâton à travers la grille de la cage encastrée dans le plancher. J’entends le choc suivi du cri de Beverly. Elle se tortille sous le supplice d’une deuxième attaque. Il n’y a pas beaucoup de place pour bouger ; elle peut seulement s’allonger ou s’agenouiller, mais pas se mettre debout.
Navid prend son téléphone et commence à filmer la scène. Je constate qu’il est en direct. De nombreux voyeurs réagissent avec une succession de cœurs et leurs commentaires envahissent l’espace de discussion.
— Bienvenue à la maison, Lola… Dis bonjour à tes voyeurs.
— Je m’appelle pas Lola ! Relâchez-moi ! Je vous appartiens pas ! Mon père est flic !
Cette révélation ne semble pas impressionner ses agresseurs, Saunders plante même encore son bâton et envoie une décharge dans le dos de mon amie qui crie comme jamais. Son corps tombe sur le côté et se crispe. Je l’entends pleurer à chaudes larmes. Le mec arrête de la martyriser.
Ma résistance faillit. Ma colère est si grande que je tire sur mes liens, espérant les briser, et Navid pivote sans me filmer.
— Si tu t’agites, tu retourneras la tête en bas, trésor, et j’augmenterai la douleur de ton amie.
Des tas de choses veulent jaillir de ma bouche, mais je dois me retenir pour protéger mon amie.
— Tu vois, Lola, plus tu résistes, plus ce sera de la torture. Montre-nous quelle sorte d’esclave tu aspires à être, pour qu’on sache où te placer sur le ranch et quels clients te conviendraient le mieux. Tu dois satisfaire les mecs qui viendront te visiter et ceux en ligne. On commence le test de soumission avec mes gardes. D’abord, mets-toi à quatre pattes, montre-nous ton joli petit cul.
Bev reste recroquevillée, encore sous le choc de l’assaut, néanmoins, elle n’hésite pas à lui faire un doigt d’honneur.
Navid éclate de rire et le son me percute sans prévenir.
— Oh bordel ! J’adore ça ! Tu me confirmes de plus en plus que tu seras une insoumise, toi ! Elles se font rares ! Mes clients vont se régaler avec toi ! Comme tu ne veux pas montrer ton cul, on va devoir t’humilier un peu.
Navid claque des doigts et Saunders se déshabille. Il enlève complètement sa combinaison, révélant son corps aux muscles toniques, presque taillé de briques. Sa peau foncée contraste avec son gland rosé. Il se caresse le membre, se positionnant juste au-dessus de la cage. Le garde commence à uriner à travers les barreaux du plancher pour souiller mon amie. Navid va même jusqu’à filmer le jet puissant de la queue de Saunders et la tête de Bev. Il pisse dans ses cheveux et sur son dos alors qu’elle tente de l’éviter. Chaque fois qu’elle essaie de crier, son souffle se coupe sous un réflexe nauséeux.
Étonnamment, elle finit par obéir, espérant qu’il arrête. Elle se met à quatre pattes et Saunders termine d’uriner sur ses fesses.
— Voyez-vous ça, un anus déjà bien dilaté et tout rose, Lola… Voilà une adepte de sodomie.
Je ne supporte plus d’assister à ce qu’on lui fait subir. Je fixe le sol et Navid ne met pas grand temps pour s’en apercevoir.
— Trésor, relève la tête.
J’obéis contre mon gré.
J’entends les sanglots étouffés de Beverly. Ça me fend le cœur de la voir si démunie et en détresse. C’est à cause de moi si elle est là. Ce qui est arrivé à Dustin, et maintenant à elle, est entièrement ma faute. On pourrait dire que non, que c’est Jaylen, que c’est le réseau… En réalité, c’est moi qui, malgré la menace de tous ces types, suis restée dans ce milieu. Pire, je suis tombée amoureuse de Jaylen. Mon amour pour lui met tout le monde en danger, et ça, je le sais depuis le tout premier jour. C’est ma faute, c’est moi qui n’aurais jamais dû coucher avec cet homme.
Le garde secoue sa bite, laissant sortir les dernières gouttes de son urètre, et se penche pour enlever la barre qui bloque la porte. Une fois la cage ouverte, l’homme la saisit par ses cheveux mouillés et la tire sans mal hors de sa prison. C’est plus fort que moi, ma vision devient floue et je ravale aussitôt les larmes qui menacent de couler.
— En… Engy ! crie-t-elle alors qu’un sanglot l’étrangle. Engy, aide-moi, je t’en prie ! Ils vont me faire quoi ?!
L’homme la pousse par terre, contre le foin qui tapisse le sol, et Navid prend une camisole de force. À deux, ils la maintiennent pour passer ses bras dans les manches. Beverly se débat comme une forcenée. Ses jambes s’agitent, heurtant le garde. Elle remue les hanches, jusqu’à ce que son corps entier se tortille, et tombe à plat ventre. Malheureusement pour elle, dans cette position, il est plus facile pour eux de la maîtriser.
Je vois le sexe semi-bandé de Saunders. S’il ne se rhabille pas, c’est qu’il n’en a pas terminé avec elle.
Les types réussissent à enfiler la camisole de force à Bev, ce qui lui immobilise les bras dans le dos. Au niveau de son abdomen, le vêtement contient des anneaux solides. Ce qui permet à Navid d’y ancrer des chaînes. En actionnant ensuite un levier, mon amie se retrouve peu à peu suspendue comme un lustre par la taille. Son dos est arc-bouté. Ses jambes n’ont pas de soutien et sa tête est renversée dans le vide. La pression du sang accentue visiblement sa tension artérielle, car son visage devient rouge et bouffi.
Navid stoppe la machine quand le corps de sa victime est à un niveau idéal pour la violer. D’autant plus qu’elle tourne comme un carrousel, alors les hommes pourraient y passer à tour de rôle s’ils l’encerclaient.
Saunders écarte les jambes de mon amie. Elle remue, mais le fait d’être suspendue diminue ses forces. Elle n’est plus qu’un pantin. Le gars la pénètre et un cri strident retentit dans la grange. Je ferme les paupières et un tremblement me traverse le système nerveux. Ce cri me rappelle le mien quand j’ai senti Torenti en moi. Je reconnais ce désespoir, ce sentiment de furie à l’égard de l’impuissance sur son propre corps. L’impression de sécurité qui t’a bercée toute ton existence vole en éclats quand tu découvres que ton corps ne t’appartient plus. Une rupture brutale entre l’enveloppe charnelle et l’esprit se produit.
C’est pour ça que j’ai besoin de Jaylen et de sa violence, parce que je ne parviens pas encore à récupérer le pouvoir sur mon corps et sur ma vie. Je préfère qu’il en prenne possession. J’ai l’impression d’avoir perdu certaines capacités, comme celle de ne plus être en mesure de me protéger, alors je me donne corps et âme à Jaylen. Torenti a détruit quelque chose en moi et en quelque sorte, j’ai remis les morceaux cassés à Jaylen pour qu’il me répare et m’aide à vivre en me guidant. Jusqu’à présent, Jaylen y parvient, car il me fait ressentir à nouveau des émotions, s’assurant que je goûte au plaisir. Même s’il me permet de me reconstruire sur des bases sombres, elles me rendront peut-être un jour infaillible et plus forte. J’apprends à encaisser, à défier le mal, à forger mon mental pour qu’éventuellement plus personne n’arrive à me briser.
Beverly va vivre un enfer et à partir de maintenant, elle ne sera plus la même. Le trauma va la transformer à jamais.
Les lamentations et les grognements de mon amie bourdonnent dans mes oreilles. J’ai la tête qui tourne. Je fuis la scène du regard, c’est insupportable.
— Tiens, tiens…, roucoule Navid.
Il se rapproche de moi, plaçant son visage près du mien.
— Demande-moi d’arrêter, ma beauté. Supplie-moi…
J’entends le bruit des chaînes et de la souffrance de Bev, au même rythme que Saunders la pilonne.
— Laisse… laisse-la partir… bégayé-je. Elle n’a rien à voir avec tout ça…
Navid rompt le contact visuel et s’éloigne. Il ne m’écoute pas ! J’ai la rage !
— Hé ! hurlé-je amèrement. Navid ! Pour info : votre code parle d’une vengeance égale ! Jaylen a tué ton partenaire d’affaires, et les représailles te donnent seulement le droit de m’utiliser moi, et pas elle ! Tu transgresses ! Tu profites ! Tu…
Il m’ignore et s’éclipse hors de la grange. Pleine de rage, je tire sur mes liens. Lorsqu’il revient, il est accompagné d’un nouveau garde.
Qu’est-ce que ça signifie ?!
— Ta réaction a fait s’ajouter un joueur. Je t’avais prévenue.
Un éclair de colère me transperce l’âme et, soudain, j’explose :
— Sale fils de pute ! C’est toi qui m’as demandé de te supplier !
— Lorsqu’on joue à un jeu, les règles ne changent pas, mon trésor. La règle était que si tu démontrais une seule émotion face à ce qu’on lui fait, j’aggravais les sévices.
Je suis choquée.
— Un voyeur, adepte de golden shower, vient de me virer mille deux cents dollars pour que tu lui fasses une gorge profonde avec gavage, explique Navid au nouveau garde.
Ce dernier acquiesce et récupère un objet sur l’établi. Il s’empare d’un anneau en plastique rigide rouge et va vers sa victime. Mon amie, qui a la tête renversée dans le vide et les mains bloquées dans le dos, s’agite en le voyant arriver.
Le type presse contre sa mâchoire et lui enfouit férocement l’anneau dans la bouche, ce qui la maintient grande ouverte.
Ce chien de merde ouvre sa combinaison de façon à ce que seul son sexe soit exposé pour… l’enfoncer jusqu’à percevoir la forme de sa queue gonflée à travers la peau de la gorge de Bev. À cause de l’anneau, mon amie ne peut pas refermer la bouche pour le mordre. Ils sont tous les deux sur elle. Saunders la pilonne en retenant ses jambes et l’autre défonce son pharynx.
Je l’entends s’étouffer et manquer d’oxygène. Navid filme chaque mouvement du garde qui se retire vivement de la bouche de Bev, laissant une preuve au voyeur qu’il la gave avec son urine. Le mec enfonce à nouveau sa queue.
— C’est ça, commente Navid tout excité. Pisse-lui dans l’œsophage, comme ça elle peut pas recracher. Direct dans son estomac.
Il va même jusqu’à toucher le cou de Beverly pour sentir et montrer au voyeur la bosse que forme la bite du garde dans la gorge de mon amie.
C’est insoutenable. Je baisse la tête, refusant d’en voir plus, même si je sais que Navid garde un œil sur moi. Je ne suis donc pas surprise de l’entendre s’approcher. Je repère d’abord ses chaussures cirées qui écrasent le foin. Incapable de relever la tête, il le fait pour moi en harponnant mon menton.
C’est à ce moment-là, qu’au-dessus de son épaule, j’aperçois le garde se retirer, lui permettant enfin de respirer. Il lui éjacule dans la face, ce qui provoque un violent soubresaut de Bev qui vomit tout le contenu de son estomac. L’urine ingérée coule sur son visage renversé vers l’arrière, bouchant son nez et brûlant ses yeux. Elle est de nouveau agitée et s’étouffe dans une quinte de toux.
C’est un film d’horreur.
Navid claque l’une de mes joues parce qu’il note que je suis tétanisée. À cet instant, la seule chose qu’il m’est possible de faire et que je ne peux me retenir est de lui cracher au visage.
Pris au dépourvu, il essuie la bave sur son œil et sa lèvre avant de me regarder avec un sourire acerbe.
— T’es jalouse de l’attention qu’a ton amie ? Tu veux qu’on s’occupe de toi aussi ? La vue t’excite ?
Navid passe le dos de sa main entre mes seins et descend jusqu’à mon nombril, puis ralentit avant d’effleurer mon pubis avec son index. Il constate que je me raidis et formule :
— Messieurs, approchez. Cette beauté semble impatiente, mais souvenez-vous : celle-ci aura droit à un traitement particulier…