Tome 2 : Chapitre 23 - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Jaylen
23 h 40
Un nuage de poussière s’élève dans les airs quand j’arrête la Challenger sur les terres du ranch de Navid. Il fait nuit noire, aucune lumière n’éclaire cet endroit de dégénérés. Je n’éteins pas le moteur ni les phares et laisse la musique America de Montionless In White
se faire entendre bruyamment. Le pick-up rouge de Navid est là ainsi que tous les autres véhicules et fourgons. Je vais les abattre un à un et terminer avec Navid pour déguster sa mort qui sera lente et douloureuse. Je ne maîtrise pas ma rage meurtrière qui menace de tout détruire. J’évite de penser à Engy qui a subi une forme de mes tortures dans une des granges, sinon je flanche direct. Si je sombre dans un état de psychose, à mon retour, je vais être un danger pour elle, et je veux éviter ça.
Personne en vue, je me hisse hors du véhicule pour aller à l’arrière. Joshua, qui m’accompagne, me seconde. Je relève les manches de mon sweat et enfile la capuche sur ma tête. En ouvrant le coffre, je récupère dans mon sac noir un poignard M-Tech avec une lame de quinze centimètres que j’accroche à ma ceinture, ainsi qu’un vieux M1911. Je remplis le chargeur de sept munitions dans la crosse. Elles me serviront à tuer tous ceux qui se mettront sur mon chemin pour atteindre Navid. Lui, je lui réserve une torture personnalisée. Je vais l’accrocher nu à une chaîne derrière ma caisse et sa peau va s’éplucher dans les champs jusqu’aux os, et j’entendrai ses cris résonner dans la nuit. Je le récupérerai quand il n’aura plus de chair, pour lui cramer le visage contre mon moteur brûlant et sentir la couenne griller et fumer. J’enroulerai finalement une chaîne à une branche d’arbre, munie d’un crochet pour y embrocher son dos, et le laisserai suspendu. Je le laisserai mourir dans ses souffrances.
Joshua s’équipe d’un revolver et d’une lampe-torche. Avant qu’on s’y mette, je marmonne:
— Y’a longtemps que cet endroit dégueulasse d’esclavage sexuel aurait dû être démantelé. Occupe-toi de trouver les gosses et je me charge du reste.
L’avantage de connaître l’ennemi, c’est de savoir que tout l’armement disponible au ranch n’est qu’une supercherie. Navid a acheté volontairement un lot de mitraillettes défectueuses. De ce fait, ses hommes ont pour mission de contrôler les victimes par la peur et non avec l’intention de les tuer réellement. Ça joue les dominants, ça menace les filles de les abattre si elles ne se soumettent pas ou tentent de fuir… mais ce n’est qu’un leurre. Ce sont des amateurs. Pour tuer, on m’appelle, moi, ou Zachary, parce qu’ils sont trop pisseux. Ils profitent de la prostitution, tout en se sentant supérieurs en faisant partie d’un gang. Mais ce ne sont pas des tueurs. Tous ces types ne sont que des putains de branleurs.
J’enfile des gants de cuir et ferme brutalement le coffre.
Sur le terrain, il y a plusieurs granges et une maison close. Je connais bien la première grange, la blanche ; j’y suis déjà venu pour récupérer Emily, celle que j’ai tuée et que Joshua a découpée dans la baignoire à Williston, sous les yeux d’Engy. Mais je n’ai pas le souvenir d’y avoir vu des enfants, alors je fais signe à mon frère d’aller vérifier derrière et de faire le tour des lieux. Je frappe le cadenas avec la crosse de mon arme plusieurs fois jusqu’à pouvoir retirer la chaîne. J’envoie un coup de pied dans la porte pour l’ouvrir prestement, prêt à tirer si quelqu’un s’y trouve.
C’est sombre et une odeur m’agresse. La faible lueur de la lune qui traverse la fenêtre poussiéreuse me permet de voir trois adolescentes. Elles sont enchaînées, les bras au-dessus de la tête et le corps nu, agenouillées sur une masse de foin souillée d’urine et d’excréments, signe qu’elles sont là depuis quelques jours. Elles m’implorent. D’après leurs langues et accents, l’une d’elle est d’origine indienne et les deux autres sont canadiennes. Les filles sont couvertes de bleus, assurément dus à la violence des clients. Elles sont sales et leurs cheveux sont emmêlés et poisseux.
Je brandis le gun et je tire sur la première qui se trouve devant moi.
Le son de la balle laisse un écho dans la grange et s’estompe sous une pluie de hurlements provenant des deux autres nanas. La première a le front explosé. Je passe à la suivante et presse la détente. La cartouche transperce son oreille et ressort de son crâne, mais la tue sur le coup.
Je m’occupe de la troisième fille en m’approchant suffisamment pour appuyer fortement le canon de mon revolver contre ses cheveux alors qu’elle me supplie. Quand je tire, tout son corps tressaute et une giclée de sang m’asperge le visage. Je l’essuie immédiatement avec ma manche pour éviter une pulsion déviante qui pourrait m’exciter. Je dois me concentrer sur mon objectif.
J’observe l’intérieur et rien ne m’indique qu’Engy était ici. C’est mieux ainsi. Dans mon état actuel, il est préférable que je ne voie pas l’endroit exact où elle était captive.
Au moment de rebrousser chemin hors de la grange, je surprends un garde qui a sûrement entendu le bruit et vu mon bolide. Il s’approche de ma voiture, sans me voir. Je surgis dans l’ombre, me faufilant derrière lui. Une fois assez près, il repère mes pas et se retourne. Dans son élan, la crosse de sa mitraillette fait tomber l’arme dans ma main. Je me jette sur lui, dégaine mon couteau et commence à le lui planter. Une première fois dans la clavicule, une deuxième fois dans la carotide, une troisième fois dans le torse, et à partir de là, je me déchaîne en le poignardant jusqu’à ce que ses jambes cèdent. Affaibli, il s’échoue, le cul par terre, les deux bras tombants. J’arrache sa cagoule, l’agrippe par les cheveux, plaque son dos contre le pare-chocs de ma caisse et le poignarde au niveau du ventre sans m’arrêter. Il est toujours en vie et le son de sa souffrance berce mon âme. Sentir la lame le transpercer et atteindre ses organes vitaux crée une euphorie en moi. Je me délecte du son des fluides qui remuent dans son œsophage avant qu’il rende l’âme.
Cinq mois sans tuer et ce soir, j’ai un buffet à volonté. Ce sera un bain de sang comme j’en ai tant rêvé.
Je lâche le mec qui tombe sur le côté, laissant une traînée sanglante sur mon phare allumé. Essoufflé, je vois la fumée s’échapper d’entre mes lèvres et se disperser dans l’air frais de la nuit.
J’essuie une fois de plus mon visage perlé de sang avec ma manche, mais ça ne donne rien, car mon sweat est souillé de liquide ferreux. Mon couteau est dégoulinant et je dois prendre un moment pour me ressaisir, car ma vision s’assombrit. L’adrénaline peut me déclencher, à tout moment, une psychose. Je lève la tête vers le ciel étoilé et essaie de maîtriser le rythme de ma respiration.
Quand mon self-control revient, je contemple la grange rouge au loin. Joshua revient de là ; il est allé l’inspecter.
Je le rejoins.
— Allons dans la maison…
— Y’a rien ni personne dans la grange ?
— Non, insiste-t-il en poussant mon bras pour faire dévier ma trajectoire vers la baraque.
À croire qu’il n’y a aucun signe de vie sur les lieux. Le seul garde croisé qui faisait une ronde est celui qui a giclé sur mes phares. Je n’entre pas discrètement par l’arrière de la maison ou subtilement par une fenêtre. Non, je gravis les marches du porche et défonce la porte d’un coup de botte. Elle est tellement pourrie, humide et bouffée par les fourmis charpentières qu’elle cède aussitôt. Le bois craque et même la poignée tombe au sol.
L’intérieur est infesté de cafards qui longent les murs et les planchers. Ils sont tellement habitués à la présence humaine qu’ils ne se cachent pas en me voyant. À l’intérieur, il y a un long couloir, et un vieil escalier se dresse devant moi. Je veux décorer ces vieux murs jaunis et moisis en les éclaboussant de sang. Je veux traîner des cadavres sur ce parquet.
Joshua éclaire avec sa lampe-torche, brandissant également son arme en entendant un garde s’approcher. Ce dernier se présente en haut des marches, en uniforme avec une cagoule et sans mitraillette défectueuse.
— Putain, mais vous êtes qui ?! fait-il en brandissant une main vers la lumière de Josh qui l’agresse et l’empêche de voir qu’il est armé.
— Bah, alors, c’est comme ça que vous accueillez vos clients ?
— On est fermés, trouduc ! Et le règlement est clair ! Pour le sexe, les clients doivent prendre rendez-vous avec le patron directement ! Vous n’avez pas le droit de vous pointer ici comme ça ! C’est quoi vos numéros de membre ? Vous allez vous faire bannir !
Dès qu’il pose son pied sur la première marche pour venir vers nous, je tire sur sa jambe et il déboule jusqu’en bas de l’escalier où sa tête percute le parquet juste devant moi.
— Et pour tuer… on prend un rendez-vous ?
Il n’a pas le temps de se relever que je le flingue. Une balle directe entre les deux yeux. Il ne me reste plus que deux munitions.
On se sépare. Joshua va vers le sous-sol et je monte l’escalier en brandissant mon arme. Je repère un autre gars, celui-ci endormi sur une chaise au fond du couloir avec des écouteurs sur sa cagoule. Son rôle est de surveiller les chambres à l’étage et, visiblement, il se la coule douce ; ça va lui être fatal. Je me rapproche et finis par entendre le son de sa musique. Il écoute du Paul Wetz.
Je presse le canon de mon arme au-dessus de son crâne. Dès qu’il commence à se réveiller, j’appuie sur la détente et le canon expulse une balle. L’homme meurt instantanément et bascule vers l’avant, la tête contre les genoux. Sa cagoule s’imbibe de sang et malgré la musique de ses écouteurs qui tombent par terre, j’entends le bruit des gouttes qui maculent le bout de ses chaussures.
J’inspecte chaque chambre. Chaque porte que je défonce d’un coup de botte ne mène à rien. Comme si Navid avait filé, anticipant mon arrivée. Ce qui expliquerait qu’il y a peu de gardes et de filles. Il s’est assuré de ne laisser sur les lieux que des gardes sans importance qui allaient m’occuper pendant qu’il fuirait suffisamment loin. Les filles séquestrées qui restent sont celles qui ne lui rapportent déjà plus aucun pognon. Il s’est assuré de partir avec les plus prometteuses pour continuer son business ailleurs, ou en prévoyant de revenir ici un jour ou l’autre.
Je descends au rez-de-chaussée et continue de défoncer des portes.
— Josh ? l’interpellé-je pour qu’il me donne un signe de vie.
— Personne en vue ! se fait entendre sa voix à la cave. Je vais aller fouiller les véhicules, voir si les enfants sont dans les fourgons.
— Fais gaffe ! lui ordonné-je.
— Comme toujours !
Puisqu’il ne me reste qu’une seule balle, je range mon flingue et sors mon couteau. Je m’aventure dans un des couloirs en laissant la pointe de la lame frotter contre le mur. Je sais que Navid s’est enfui comme un rat et que je perds mon temps ici, que je devrais être à sa poursuite pour le traquer, mais j’ai une mission à terminer ici. Vérifier qu’il n’y a vraiment plus personne et tout mettre à feu et à sang.
En entrant dans une nouvelle pièce, je tombe sur une chambre sans meuble, ne contenant qu’un matelas poisseux, troué et taché. Dessus reposent deux filles. Le poids de mes bottes fait craquer le parquet. Elles ne réagissent pas au son. En les surplombant, je constate que ce sont des adolescentes. Leurs chevilles sont attachées au plancher. Dans le creux de leurs bras se trouvent des marques de piqûres. On leur a injecté de l’héroïne ou du crack. Classique. En passant leurs journées intoxiquées, elles deviennent accros, si bien que quand elles n’ont pas leur dose, elles se sentent mal, vomissent, ont des démangeaisons, des crises de panique, de la fièvre. Pour y remédier, elles ouvrent les cuisses pour satisfaire les clients avec une totale soumission. Ainsi, elles obtiennent leurs stupéfiants. Clairement, Navid est parti précipitamment en les abandonnant ; comme elles ne peuvent pas courir, ils n’avaient pas de temps pour les emmener.
J’enfourche une des filles, celle au teint basané dont je vois les os sous la peau. Toutes les deux sont seins nus, ne portant qu’une culotte crade. Je ne pourrais pas dire si c’est du sang de leurs règles ou de leur virginité perdue. Sans doute un peu des deux.
Mes mains s’enroulent autour de sa gorge et je commence à l’étrangler. Elle ne se réveille pas, mais je sens ses poumons réagir. Le manque d’oxygène provoque des spasmes au niveau de son thorax. Son visage devient rouge et enflé. Ses doigts remuent légèrement, car son corps comprend que sa vie est menacée, mais les effets des stupéfiants la rendent incapable de se défendre. Je serre un peu plus fort, jusqu’à ce qu’elle meure entre mes mains, et je ne cache pas l’excitation violente qui m’envahit. En enlevant mes paumes de son cou, quand il n’y a plus aucun signe de vie, je dois prendre un moment pour me ressaisir.
Puis je passe à la suivante, une petite blonde. Celle-ci, on lui a donné une forte dose, car elle a un peu de vomi sur le bord de la bouche. L’odeur qui émane d’elle est puissante. Un peu comme du fromage fermenté. Des nœuds sont collés dans ses cheveux avec des croûtes dégueulasses.
— Dad…, marmonne la jeune fille à demi inconsciente.
Elle n’ouvre pas les paupières et, couchée sur le dos, elle écarte les cuisses. C’est un réflexe, sachant que c’est ce qu’on lui a appris, que quand un type se présente, on s’offre à lui. Et son client régulier semble vouloir qu’elle le surnomme « Dad ».
J’appuie la lame de mon couteau sous sa gorge et j’abrège ses souffrances.
Je scie son cou avec force, assez pour ouvrir sa trachée et sectionner une artère principale qui m’éclabousse le visage. C’est si rapide qu’elle n’a pas le temps de voir venir sa mort. Je me délecte du liquide carmin qui m’asperge. Je me retrouve avec deux gants rouges et en passant une main dans mes cheveux, j’en étale. C’est aussi agréable que de prendre une douche chaude.
Là, tout de suite, ça me donne envie de me branler. Je savoure ce moment en sentant mon sweat souillé et ma vue obstruée par le liquide ferreux.
Je m’écarte avant de faire quelque chose d’odieux au cadavre et m’éloigne. Je sens mon visage entier être rouge écarlate. Mes cheveux trempés et mon couteau macéré dans ma main dégoulinent. C’est plus fort que moi… je suis poussé à revenir vers elle. Ma pulsion m’oblige à détacher la tête du corps. Je ne m’arrête qu’une fois que je l’ai en mains.
Je me dresse et admire mon œuvre. Ma bite pulse en voyant le liquide ferreux se déverser partout sur le parquet. Je me retiens pour ne pas éjaculer. Je me suis promis de garder le contrôle.