Tome 2 : Chapitre 28 (Engy) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
J’en profite pour aller dans la salle de bain. J’entre sans me gêner et referme la porte derrière moi. Sans grande surprise, Jonas termine d’uriner dans la cuvette en prenant tout son temps et remonte avec lenteur son boxer pour s’assurer que je vois tout quand il se retourne. OK, il en a une grosse, mais son narcissisme réduit tous ses atouts.
— Tiens, tiens, Engy, tu te rinces l’œil ? Laisse-moi deviner, tu veux encore un orgasme ? Mes doigts ou ma langue cette fois ? En plus, tu viens te cacher dans les toilettes pour faire ça… vilaine… Je ne dirai rien à mon frère, promis. Approche, mais faut faire vite.
Je fonce vers lui et alors qu’il croit que j’ai envie de lui, il se retrouve plutôt avec une gifle monumentale, au point de lui faire vriller la tête.
D’une main, il caresse sa joue rougie.
Il ne bronche pas, au contraire, il me contemple.
— On a couché ensemble ?
Il fronce les sourcils.
— Tu ne te souviens de rien ?
C’est plus fort que moi, je le gifle encore.
— Putain, arrête, ça commence à m’exciter.
Il touche sa queue un peu de travers dans son boxer sans répondre à ma question.
— À cause des merdes que Zach a mises dans mon verre, hier, j’ai des fragments de souvenirs de la grange et du motel, mais ensuite plus rien. Et je me réveille ce matin, avec du sang partout qui m’indique que Jaylen est venu me retrouver au pieu après le ranch. J’ai cru qu’on avait couché ensemble, j’avais plein de… entre les cuisses. C’est lui, ou… c’est de toi ?! Il vient de dire que t’étais dans le lit !
Il rit et ça lui vaut une troisième claque. Cette fois, il inspire brusquement, je vois les veines sur son torse se dessiner et une en particulier dans son cou.
Il expire lentement et je vois son sexe pulser.
— Je suis contrarié que tu ne te rappelles rien, semble ironiser Jonas. Mais ça va me faire plaisir de te rafraîchir la mémoire. En partant du motel, je t’ai enfilé la chemise de Zach pour te couvrir et te mettre sur la banquette arrière de ma Jeep que t’avais volée. On est rentrés. Je t’ai mise dans le lit, t’étais inconsciente. Je me suis étendu une minute à côté de toi, à regarder mon téléphone, puis je me suis endormi. Plus tard, dans la nuit, Jaylen a déboulé dans la chambre, complètement bourré. Il s’est glissé sous les draps, heureux de te retrouver, et il t’a baisée. C’est son foutre qui était en toi, et oui, le sang provenait des meurtres du ranch. Je présume qu’il était tellement excité par toi qu’il a esquivé la douche. J’ai tout vu alors que Jaylen ne se préoccupait pas de ma présence. Un orgasme t’a réveillée.
Mes joues sont aussi rouges que la sienne que j’ai frappée. Il n’y a rien qui va dans cette famille, tout est pervers, tordu, surréel, hallucinant et perturbant.
— Je sais très bien ce que t’as dit quand je suis entrée dans la salle de bain : « Laisse-moi deviner, tu veux encore un orgasme ? Mes doigts ou ma langue cette fois ? »
Il garde une main sur la bosse tendue dans son pantalon. Soit pour se toucher, soit pour éviter que mon genou le percute à la moindre parole qui pourrait me choquer.
— Eh bien…, j’ai peut-être… contribué… à ton deuxième orgasme…
Nous y voilà, il se prend une nouvelle gifle, mais cette fois, elle est si violente que le son résonne et la trace de ma main reste marquée. Il caresse sa mâchoire, à croire que je la lui ai déboîtée, mais ce salaud continue à me gratifier de son sourire.
— Et tu sais quoi ? remet-il, t’as pris ton pied. Jaylen te baisait par derrière et moi, sans qu’il le voie, j’ai caressé ton petit bourgeon sensible. À la seconde où je t’ai touchée, tu m’as agrippé les bras avec force pour que je ressente la puissance de ton plaisir. T’as joui. T’as giclé sur mes doigts. La mémoire te reviendra, et ce jour-là, tu fantasmeras sur ce moment et tu viendras m’implorer de recommencer.
Je le hais. Je ne crois pas un seul mot qui sort de sa bouche.
Il se dirige vers la sortie et avant d’ouvrir la porte, se tourne vers moi :
— Au fait, j’ai filé hors du lit avant Jaylen ce matin pour faire disparaître la chemise de Zach qui traînait par terre dans la chambre. Fallait pas que mon frère tombe dessus à son réveil, découvre à qui elle appartient et finisse par savoir que t’es allée au motel. Il aurait tout de suite pensé que c’était ton amant…
— OK… Alors, euh… merci.
Il sourit, baisse la tête, passe une main dans ses cheveux et ajoute :
— Une dernière chose… il était bon, ton café ?
— Euh, ouais. C’est quoi le rapport ?
— Oh rien, juste que, comme je me réveille avant tout le monde, je l’ai préparé et j’ai mis ma réserve de crème dans le tien…
Il me fait un clin d’œil et referme la porte en sortant.
Hein ? Je n’ai pas entendu, j’ai juste compris qu’il avait préparé le café, le mien… de quoi ?