Tome 2 : Chapitre 34 (Jaylen) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Je commence à remplir la baignoire alors que Jeannine est adossée contre le mur, le regard perdu et le corps souffrant. Je crois que mon coup de botte l’a envoyée au pays des bisounours. Je peux pratiquement voir un carrousel de petites images tourner autour de sa tête, comme dans les dessins animés.
Je redonne le téléphone à Jonas pour qu’il filme au lieu de fumer le joint qui empeste la pièce. Cette odeur de cannabis se rapproche de la puanteur d’une moufette.
Je vérifie la température de l’eau, m’assurant qu’elle est glaciale.
En jetant un œil à la femme de Navid, j’ai une vue sur son entrejambe. Un reste de sang et d’urine coule sur le carrelage. Selon moi, elle mériterait de mourir dans la grange, tabassée par toutes les femmes qu’elle savait séquestrées, et dont la souffrance lui a permis de s’acheter tout ce qu’elle désirait. Trop tard : l’endroit n’existe plus.
Je fais tremper mon couteau dans l’eau en attendant que le niveau augmente. Quand Jonas termine de fumer ce truc, il jette le mégot dans les toilettes et je lui fais signe de m’amener la fille. Elle tente vainement de s’échapper, mais Jonas la pousse contre la cuvette et une fois qu’elle y est assise, j’en profite pour lui planter mon couteau directement dans le genou.
Sous le choc, elle bascule la tête et ouvre grand la bouche, prête à hurler, mais aucun son ne sort. Seules des larmes jaillissent de ses yeux alors que son visage se plisse de douleur. C’est lorsque je retire la lame qu’elle expulse un cri rapidement coupé.
— C’est ce qui arrive quand on tente de fuir. Et putain, respire, je veux avoir le plaisir de te tuer avant que tu t’évanouisses.
Une fois le bain rempli à ras bord, je referme le robinet d’eau froide. La femme détourne la tête en sanglotant.
J’empoigne ses bras, mais elle se débat avec les dernières forces qui lui restent. Je la soulève littéralement et plonge ses jambes en forçant le reste de son corps à entrer dans l’eau. Juste avant que sa tête s’enfonce, je lui souffle près du visage :
— Ton mari va bientôt te retrouver en enfer, ne t’inquiète pas. Mais… c’est le genre d’endroit où l’on risque de se revoir un jour.
J’immerge sa tête et elle s’agite tellement que ses jambes propulsent l’eau hors du bain de tous les côtés.
— Encore un peu, ma belle… Laisse-toi faire.
Elle avale une grande quantité d’eau et son corps convulse. Elle saisit mes avant-bras et le col de mon sweat, commençant à perdre de sa force. Je laisse passer quelques secondes avant d’admirer son visage qui perd vie petit à petit. Jonas filme la scène, attendant que la femme abandonne toutes résistances et ne produise plus aucun mouvement. Lorsque c’est le cas, au bout de deux longues minutes, je retire mes mains du cadavre, enlève ma cagoule et regarde la caméra pour montrer à Navid qu’il ne faut jamais m’avoir dans sa mire, et qu’il est le prochain.
Puis, Jonas arrête de filmer.
Je prends le couteau et l’enfonce doucement dans le cœur de Jeannine, même si elle est sans vie. Une mare de sang rouge se disperse dans l’eau qui devient de plus en plus épaisse. Je m’assure toujours que mes victimes sont mortes, surtout parce que je leur parle et que, parfois, ça m’arrive de divulguer des choses sur moi ou ma famille. Alors s’il s’avère qu’elles survivent à mes agressions, je ne voudrais pas être identifié.
Je me redresse et prends une serviette accrochée sur le mur pour essuyer mes mains et éponger mon sweat qui est tout trempé. Je retourne voir l’homme dans la chambre et, avant de franchir la porte, je remets ma cagoule. Au même moment, je reçois un appel de Joshua.
— Ouais ?
— Ne tue pas l’enfant.
— Quel enfant ?
Je fronce les sourcils et mets le haut-parleur pour que Jonas entende.
— J’ai découvert dans le dossier de Jeannine qu’elle a un fils de Navid. Mais il ne vit pas avec eux, il habite avec ses grands-parents. Soit pour le protéger, soit parce que Navid ne voulait pas de cet enfant. Je ne veux pas te voir aller massacrer les grands-parents et le môme…
— Tu sais bien que je suis pas comme ça.
— Je sais que tu as soif de vengeance…
Je retourne vers l’homme dans la chambre qui est déjà au bout de ses souffrances. Comme prévu, je le poignarde à plusieurs reprises au niveau du thorax et il ne réagit plus. Après une dizaine de coups de couteau, je prends son pouls, toujours en restant en ligne avec Josh.
— Engy va bien ?
— Oui. Après s’être baignée, elle est allée dessiner, et là, elle regarde un film.
— Et avec ses parents ?
J’essuie la lame ensanglantée sur la cuisse du gars et tente de replacer sa tête qui n’arrête pas de tomber.
— Tout s’est bien passé…
— Génial, on se voit tantôt.