Tome 2 : Chapitre 9 (Traqueur) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Jonas allume la radio et choisit une station pour écouter de la musique. C’est The Lost Soul Down de NBSPLV
qui se fait entendre dans une version lente. Il s’empare de la bouteille de whisky qui reste sur le téléviseur, car l’autre s’est vidée sur le sol quand Jaylen a débarqué dans la chambre.
On a attendu patiemment que la demoiselle se réveille, et quand ç’a étéle cas, je l’ai attrapée dans la baignoire et l’ai balancée contre mon épaule pour la jeter ensuite sur un des deux lits. Elle se tortillait, secouait la tête, alors que ses poignets et ses chevilles étaient liés. Elle a été facile à trouver. Boythe m’avait dit qu’elle se cachait chez son fournisseur de méthamphétamines. Il n’était pas là quand je suis arrivé et Sabrina dormait sur le sofa avec le bébé dans un berceau.
Sabrina est déchaînée. Elle s’agite comme un poisson hors de l’eau et tombe du lit, se cognant l’arrière de la tête contre le coin de la table de chevet. Sur le sol, en pleine crise d’hystérie, elle hurle sous le ruban adhésif et des larmes inondent son visage aux yeux bouffis et injectés de sang. Elle grogne comme une bête qui a la rage. Puisqu’elle sait très bien qui je suis et ce qui se passe, l’adrénaline lui envoie des forces pour survivre. Elle arrive même à s’asseoir pour retrouver une certaine lucidité. Je crois qu’elle ne s’attendait pas à ce que son ex soit impitoyable au point de souhaiter sa mort.
Je prends le temps de m’allumer une clope et de l’observer alors qu’elle est sans défense, par terre, les membres entravés. Jonas s’est assis sur la chaise près de la fenêtre dont le rideau est fermé. Il sirote son alcool tout en regardant ce qui va suivre. J’ouvre le tiroir de la commode pour récupérer une bâche blanche qui fait environ la largeur du lit. Je viens la déplier et l’étendre par-dessus les draps. Pas question de souiller le lit dans lequel on dort ni de faire changer les draps par la femme de chambre. De toute manière, si je la tue sur le pieu, le matelas sera bon pour les ordures.
J’attends de terminer ma clope avant de commencer et dès que je l’écrase dans le cendrier, je sors le couteau à cran d’arrêt de ma poche. Je fais jaillir la lame à l’aide d’un dispositif, la coince entre mes dents pour libérer mes mains et attraper Sabrina par terre. Je la soulève et la remets sur le lit protégé par le plastique. J’enlève le couteau d’entre mes dents et commence à faire tourner la lame dans ma main.
— Boythe m’a supplié de t’infliger les pires sévices. Mais tu sais quoi ? Je suis plutôt vieux jeu. En amour, je n’accepte pas l’infidélité, et Boythe t’a trompée. C’est pour ça que tu es partie et c’est tout à ton honneur. Malheureusement, tu l’as volé, et un marché est un marché : je dois te tuer. Toutefois, je vais alléger tes souffrances et ne pas répondre à sa demande de te torturer. Je vais m’assurer que ce soit rapide.
La mère est soudainement attirée par les pleurs de son bébé qui résonnent dans la salle de bain. Paniquée, elle s’agite à nouveau.
— Chuuut. Je te promets que ton fils ne souffrira pas, lui non plus.
Des cernes de lait maternel se forment sur le tissu de son débardeur blanc au niveau de ses mamelons. Elle ne porte pas de soutien-gorge. Je me penche sur sa poitrine volumineuse pour écouter les battements de son cœur. Je visualise l’endroit exact où il se trouve et je reste là à savourer ce son qui permet la vie. Dans ma position, tête tournée sur le côté contre ses nichons, je vois Jonas, la main dans le pantalon, en train de se masturber. Il le fait toujours. Tout l’excite, tout le stimule. C’est un obsédé sexuel, particulièrement pour les trucs tordus.
Sabrina remue alors que son bébé pleure avec détresse. Je m’écarte et observe la jeune femme avant de lui assurer :
— Promis, tu ne sentiras presque rien. Ta vue et ton cerveau vont être fonctionnels quelques secondes, mais tu mourras rapidement…
Je me redresse vivement. Elle plisse les paupières, redoutant la douleur, et d’un coup puissant, usant de toutes mes forces, je plante le couteau directement à l’endroit où se trouve son cœur. Son corps se raidit et sa colonne vertébrale tressaute. Le coup est fatal. Une dernière étincelle dans ses yeux m’indique qu’elle me voit et que son cerveau enregistre l’information pour s’éteindre juste après. Un sang opaque s’échappe de sa plaie et coule entre ses seins. Son débardeur est marqué par un chemin de liquide carmin qui s’étend jusqu’à la bâche.
Je laisse Jonas qui se caresse et la mère pour aller m’occuper du reste. Le bébé dans la baignoire tend ses petites jambes et les replie au rythme de ses cris. Il a l’air furieux. Ses poings sont si serrés que ses doigts sont blanchis. Son visage est écarlate, sa mâchoire grelotte, ce qui change la tonalité de ses pleurs. Ses yeux sont plissés et ses paupières sont gonflées par la pression de ses cris.
Je pose les genoux sur le carrelage, attrape le bouchon de la baignoire et l’enfonce dans le drain pour bloquer l’écoulement de l’eau, puis… j’ouvre les robinets. J’essaie de trouver une température agréable, ni gelée ni trop chaude.
Le niveau de l’eau commence à monter. J’offre mon doigt au bébé pour qu’il l’agrippe avec sa petite main. J’aime assister à la mort, mais j’avoue que je me vois en cet enfant. Ma mère a souvent tenté de me noyer, et dès la naissance, j’ai subi des sévices inimaginables. Je ne sais pas comment elle m’a gardé en vie, mais c’était pour mieux me maltraiter.
Les pleurs du bébé disparaissent sous l’eau qui s’accumule. Son petit corps est secoué par de nombreuses agitations et sa main minuscule s’agrippe désespérément à mon index. Ses mouvements provoquent des vagues à la surface de l’eau, qui s’estompent peu à peu… Quelques secondes s’écoulent, la pression à mon doigt disparaît, puis le corps du poupon s’affaiblit.
J’attends suffisamment longtemps pour m’assurer qu’il n’est pas seulement inconscient, mais bien sans vie, avant de le sortir de l’eau. Je vais jusqu’à la chambre et pose le bébé mouillé contre le ventre de sa mère.
Le téléphone dans ma poche vibre. Je m’en empare et réponds.
— Zach ? C’est Boythe ! Écoute, j’ai oublié de te dire un truc avant que tu t’occupes de… tu sais quoi. Après avoir fait ce que tu as à faire quand tu l’auras trouvée, je veux que tu ailles porter mon fils chez ma mère. Je vis chez elle désormais.
J’avais pourtant compris : « Trouve mon ex et mon fils, et occupe-t’en. Sabrina doit souffrir le martyre, alors amuse-toi. » À aucun moment il ne m’a dit d’épargner le gosse ou de le mettre en sécurité…
Je fixe le bébé aux lèvres bleues et à la peau ivoire que Jonas a déposé par terre au pied du lit. Maintenant, je m’intéresse à Jonas qui, sur la bâche blanche, a retourné le corps de Sabrina sur le ventre. Et c’est sans grande surprise que je le vois passer à l’acte. Parfois, il reste voyeur, parfois il ne résiste pas à la tentation… Elle est morte, donc pour lui, ça signifie que ce n’est plus qu’un morceau de chair qui a le potentiel de le satisfaire.
Je perçois le bruit de la bâche qui se froisse à cause du corps qui ballotte tandis que Jonas le pilonne, lui défonçant la chatte. Il gémit si intensément que ça m’évoque le plaisir que je retire quand je fais la même chose avec une victime.
— Zachary ? T’es là ? C’est quoi ce bruit ?!
Je couvre le téléphone pour qu’il n’entende plus Jonas jouir et me faufile dans la salle de bain, refermant la porte derrière moi.
— Rien… je… pas de soucis. Je m’en occuperai bientôt. Je te tiens au courant, et t’inquiète pas pour ton fils.
— Merci ! Et au fait, je suis déjà en train de vanter ton professionnalisme auprès de Thompson.
— Tant mieux… tu ne seras pas déçu de mon travail, dis-je avec sarcasme.
— Au prix que tu m’as fait, je ne vais pas me plaindre. Allez, on se redonne des nouvelles.
J’éteins le téléphone et quand je sors de la pièce, je surprends Jonas qui s’est déplacé pour éjaculer sur le visage de Sabrina. Il étend sa semence contre ses lèvres couvertes de sang, assurément froides. Quand il termine, il me jette un regard.
— Pourquoi tu fais cette tête ?
— J’ai tué le gamin…
— T’as eu un black-out, Zach ? Tu viens de t’en rendre compte ?
— Je crois qu’il est trop tard pour tenter de le réanimer.
— Hein ?
— J’ai fait une… petite erreur.