Tome 1 : Chapitre 38 (Engy) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Sans jamais nous lâcher la main, Jaylen et moi empruntons le grand escalier pour gagner l’étage. Une fois là-haut, il y a des gens partout. Presque toutes les chambres sont occupées ; même les couloirs sont bondés.
— Qu’est-ce qu’on vient faire ici, exactement ?
Jaylen ne répond pas. Il se contente de chercher une pièce où il n’y a personne. Dès qu’il trouve, on pénètre dans la chambre de manière un peu précipitée. Il referme derrière moi en prenant soin de verrouiller. Je reste appuyée contre la porte, ne comprenant pas ce qui se passe.
Il pianote sur son écran, évitant de répondre. Nous sommes dans la chambre de Fred. Grand lit, couette grise, murs bleus, porte-fenêtre menant à un balcon. Il y a un cadre photo de lui quand il était jeune sur sa commode, et ses attestations de réussite un peu partout sur les murs.
— Jaylen ?
— Mon frère Josh est garé à deux rues plus loin, pour observer les voitures qui se rendent au manoir. C’est moi qui lui ai demandé de faire une surveillance. Il vient de m’envoyer un cliché de la Mustang. Elle rôde dans le coin. On va rester ici un moment. Si je le vois entrer, je risque de faire vriller la fête et ce n’est pas ce que je veux.
Je commence à stresser. Il le remarque. Ses doigts attrapent tendrement mon menton pour que je cesse d’éviter son regard.
— Hé… je ne permettrai jamais à ce mec de te toucher. Il ne fait pas le poids de toute façon, pas contre moi. Quand on rentrera, je m’occuperai de lui. On n’en entendra plus parler.
— Tu… tu vas le tuer ?
Jaylen s’est rapproché de moi sans que je m’en rende compte. Son visage est à deux centimètres du mien, mon corps est écrasé contre la porte.
— Je le connais bien… je vais simplement te revendiquer. Montrer que tu es à moi. Et s’il ne comprend pas cet avertissement et qu’il n’entend pas mettre un terme à son petit jeu, alors oui, je le tuerai. Mais je le ferai pour ta sécurité, donc j’ose espérer que tu me pardonneras ce meurtre…
— Oh… comme tu es galant, évoqué-je avec arrogance. Tu sais parler aux femmes, Jaylen. Finalement, le deal ne va pas tenir longtemps.
— Les femmes aiment la sécurité. Avoue que tu es sous le charme quand je te parle comme ça…
Il me décoche un léger sourire en coin. Je suis presque certaine qu’il peut percevoir la chaleur qui se dégage de ma peau et entendre ma respiration défaillante.
— Ce ne sont pas tes paroles qui me rendent fébrile à l’instant, Jaylen, mais ta proximité.
Il pose lentement une main contre la porte, près de ma tête, et fait de même avec l’autre. Je jurerais qu’il va m’embrasser, seulement il se contente de regarder mes lèvres. Pourquoi ça me déçoit ? Il y a une tension puissante chaque fois qu’il se retrouve aussi près. Mes jambes tremblotent, mon coeur s’emballe et ma respiration s’accélère. Je me fige alors qu’une vague de chaleur me traverse.
— T’as toujours peur de moi, Engy ?
— Non… non, là, ce n’est pas de la peur.
Jaylen a toujours le masque relevé, ce qui me permet de voir son visage. Le mien, d’un rouge sang, repose encore sur mon nez.
— Quand tu me regardes comme ça avec tes yeux émeraude, tu me rends complètement fou…
Je souris.
— T’as pas besoin de moi pour ça. Tu l’es déjà.
Il pince les lèvres, comme s’il avait une envie soudaine de me faire mal. Mais à voir l’étincelle dans ses yeux, la douleur qu’il veut m’infliger semble être plutôt… agréable.
Soudain, quelqu’un essaie d’ouvrir la porte. La personne, loin de se laisser décourager par la serrure verrouillée, insiste davantage sur la poignée.
Jaylen m’attrape le poignet et m’entraîne dans le dressing ! Il referme la porte qui est munie de lattes de bois horizontales, légèrement en biais, permettant de voir la chambre à travers les fentes. Mon dos est appuyé contre le torse de Jaylen et sa main recouvre ma bouche. La peur grimpe en moi à l’instar de l’adrénaline que je peux presque sentir parcourir mes veines. Mon pouls s’accélère. Un gémissement de panique siffle entre mes lèvres, malgré la paume de Jaylen qui les recouvre. Il colle sa bouche contre mon oreille pour souffler un délicat :
— Chuuut.
La personne s’acharne et j’entends même qu’on tente de crocheter la serrure.
La porte s’ouvre et un léger tremblement m’envahit. Seulement, ce n’est pas le traqueur à ma recherche qui apparaît, mais bien Fred, suivi de Beverly.
— Bordel ! Mais c’est quoi le problème avec cette foutue poignée ?!
Beverly, complètement saoule, saute littéralement au cou de Fred. Tous les deux tombent sur le lit pour s’enlacer et s’embrasser avec fougue.
Le souci est qu’Ethan est sur le seuil de la porte. Dès que Beverly le remarque, elle arrête tout de suite ce qu’elle fait et demande prestement à Fred de l’attendre en bas, parce qu’elle doit discuter avec Ethan…
Jaylen retire sa main de sur ma bouche, voyant que je ne ferai aucun bruit. Fred disparaît, frôlant Ethan sans se sentir menacé par lui. Après tout, Ethan est très passif. Si quelque chose le blesse ou le révolte, il met simplement un terme à la situation. Il ne serait pas du genre à se bagarrer avec Fred.
— Ethan, je peux t’expliquer, se défend Bev.
— Pas la peine. T’as pas besoin de dire quoi que ce soit. Tu m’évites depuis le début de la soirée alors que je voulais simplement te voir pour rompre avec toi.
Outrée, Beverly écarquille les yeux.
— Comment ça, c’est toi qui romps ?! C’est moi qui ne t’aime plus, c’est moi qui te quitte.
Beverly ne s’est jamais fait jeter. Son ego en prend un coup. Elle renchérit :
— Je ne t’ai même jamais aimé, car t’es ennuyant à mourir ; quand tu ne parles pas de tes études, tu parles sans cesse d’Engy ! Avoue que t’as jamais cessé de l’aimer !
— Son baiser avec Dustin m’a blessé, oui ; et oui, je me suis mis en couple avec toi pour essayer de l’oublier et de passer à autre chose. Mais t’es la pire personne que j’ai vue de ma vie. Engy a accepté ses erreurs avec dignité, et tu ne seras jamais aussi incroyable qu’elle. Non, parce que toi… toi, tu es… juste une dévergondée.
Beverly attrape un cadre photo de Fred sur la table de chevet et le balance dans la direction de mon ex qui l’évite de justesse. L’objet se fracasse contre le mur.
— Va te faire foutre, Ethan Hammond ! Pour ton info, c’est Dustin qui a tout manigancé pour provoquer ta rupture avec Engy ! Il voulait l’embrasser au moment où tu arriverais !
J’ai un léger tressaillement.
Je ne sais pas si Jaylen essaie de me réconforter puisque j’assiste à la rupture entre mon amie et mon ex, et que j’apprends la trahison de Dustin, mais je sens sa main effleurer délicatement mon échine. Tout mon dos dénudé se met à frissonner.
— Au moins, tu me prouves qu’Engy ne voulait pas me tromper avec lui. Maintenant que je suis célibataire, je vais pouvoir discuter avec elle. Engy est et a toujours été la femme parfaite pour moi. Mes parents l’adorent, elle est intelligente et n’écarte pas les cuisses au premier venu, comme certaines…
Le fait d’entendre Ethan déclarer sa flamme pour moi semble faire réagir Jaylen. Derrière moi, je sens une tension naître dans son pantalon. Ce n’est pas ce qu’Ethan dit qui l’excite, mais cette rivalité semble éveiller son côté dominant. Comme s’il voulait psychologiquement me rappeler que lui seul, désormais, peut me désirer. Mon pouls s’accélère dangereusement. La température grimpe dans le dressing.
— Pour ta gouverne, t’arrives trop tard ; elle a déjà un nouveau mec. Un vrai étalon, bien bâti. On dirait un chef de la mafia, donc t’approche pas d’Engy.
— Je sais ce que veut réellement Engy. Ce n’est pas ce genre de mec qu’elle cherche. Elle veut un gars posé, intelligent, un homme de carrière, qui veut un jour fonder une famille. Elle me reprendra.
Jaylen se sent clairement menacé par Ethan, car il entreprend d’écarter mes cheveux pour dégager l’accès à ma nuque où son souffle humide vient s’échouer juste avant que ses lèvres s’y posent. Il tente le tout pour le tout afin de détourner mon attention vers lui.
Et ça fonctionne…
Je ferme les paupières et inspire doucement. Son geste délicat fait jaillir une marée de frissons et un tremblement divin dans tout mon corps.
Si seulement Ethan voyait ce que je suis devenue ; je suis plutôt sous le charme d’un meurtrier, et non d’un homme posé avec une carrière propice à fonder une famille. Et quand il dit que je ne suis pas du genre à écarter les cuisses pour n’importe qui… s’il voyait ce que j’ai fait avec un peu d’alcool et de l’ecstasy. Je pense à ce qui s’est presque produit dans les toilettes avec Fred et Shawn, et juste après, Jaylen…
— Pourquoi tu trembles ? chuchote Jaylen contre mon oreille.
Ses mots dans le creux de mon oreille déclenchent une douce ivresse dans mes veines et provoquent une pression entre mes cuisses. Ethan et Beverly sont encore en train de se quereller, seulement, je n’écoute plus vraiment ce qu’ils disent. Les seuls sons qui me sont perceptibles sont ceux qui m’intéressent : la respiration de Jaylen et les battements déchaînés de mon cœur.
Je ne peux rien lui cacher. Je sais qu’il peut aisément deviner d’où proviennent les trémulations qui me secouent : de ma respiration de plus en plus erratique. Sa main vagabonde le long de ma cuisse, effleure ma jarretelle, ensuite la courbe de mes fesses et remonte jusqu’à mon épaule, où il abaisse la fine bretelle.
J’enlève sa main vivement. Pas question de me tripoter dans le dressing, et en plus, il ne doit plus me toucher. Puisqu’il perd le contrôle, ses pulsions prenant possession de ses gestes, il sait qu’il peut me faire du mal.
— Engy Sinclair, susurre Jaylen contre ma nuque de façon à ce que personne n’entende, t’es tout excitée.
Je lui donne un coup de coude dans le flanc pour qu’il arrête de m’agacer.
— On a dit qu’on éviterait, et je suis pas excitée… protesté-je d’un murmure en retirant à nouveau ses mains baladeuses qui tentent de plonger dans mon bustier.
— Laisse-moi en douter.
Jaylen glisse une main sur mon ventre, descend jusqu’à ma cuisse, écartant le tissu échancré et comme il sait que je ne peux pas faire de bruit ni vraiment me débattre, il arrive à la faufiler entre mes cuisses. Comme je n’ai pas de culotte, ses doigts s’empressent de caresser l’entrée de mon vagin.
Mon souffle se bloque pour éviter de gémir. Mon dos colle son torse, mes hanches pressent les siennes où je sens la raideur de son érection. Je m’agrippe à son bras qui a trouvé refuge sous ma robe. Ce toucher me fait perdre la tête. Je cambre les fesses contre lui et appuie l’arrière de ma tête contre le creux de son épaule.
Ses phalanges sont tellement trempées qu’elles glissent toutes seules en moi. Je ne sais pas pourquoi il arrive à me faire autant d’effet. Il ne fait que parler, et mon corps vibre. Il me touche, et je mouille d’emblée. Il contrôle mon corps pour que je sois prête à l’accueillir. Je n’ai rien demandé, j’étais là à regarder la rupture de Bev et…
J’échappe un soupir de plaisir et Jaylen plaque sa main libre sur ma bouche. C’est sorti tout seul. Plus il insère ses doigts, plus je me déconnecte. À quoi je pensais, déjà ? Je ne me souviens plus.
On ne peut pas faire ça ici ! Si ? Non… Jaylen retire sa main de ma bouche. Je peux enfin inspirer. Je chuchote un faible :
— Arrête… Fais pas ça…
Ma main s’enfonce dans les muscles de son avant-bras, voulant qu’il arrête de me masturber, même si ça me fait un bien fou. J’entends sa respiration s’accélérer au même rythme que la mienne. Chaque fois que je tente de le repousser, sa verge pulse contre mes fesses, et chaque fois que j’ai une vague de plaisir, son souffle tremble dans mon oreille.
Quand il voit que je ne m’oppose plus à lui, il saisit doucement ma nuque et me penche vers l’avant pour que je prenne appui, mains contre le mur. Je l’entends ouvrir sa braguette et juste après, il arque mes hanches et me colle contre lui pour que son calibre me pénètre d’un coup. Je vais pour échapper un cri qu’il étouffe prestement avec sa paume. Son autre main trouve mon clitoris. Il enchaîne les coups de reins qui me font vriller les yeux et déglinguent mon âme. Même mes genoux flageolent, comme si j’allais perdre connaissance tellement c’est divin. Mon corps et mon esprit se liquéfient.
J’entends brièvement la dispute entre Bev et Ethan qui ne se termine pas. Mais tout ce qui m’importe en ce moment, c’est Jaylen. Maintenant que je ne suis pas défoncée, je peux confirmer que l’euphorie que j’ai avec lui n’a rien à voir avec l’ecstasy ou l’alcool. Non, c’est bien réel. C’est la deuxième fois qu’il me fait découvrir le plaisir ultime.
Jaylen enlève sa main de sur ma bouche et je constate que j’ai tellement soupiré contre celle-ci que je lui ai laissé de la bave. Les doigts trempés de son autre main glissent sur mon clitoris gonflé et augmentent mon plaisir.
Lorsque je sens les effets d’un orgasme à venir, je baisse la tête, les mains toujours appuyées contre le mur, me retenant de crier. Voyant que mon corps est à l’apogée, Jaylen écarte mes jambes d’un léger coup de botte. La position décuple les sensations et je peux sentir les prémisses d’un orgasme qui promet d’être ravageur. Et ce moment arrive plus vite que prévu et je ne contrôle plus rien.
L’intérieur de ma chair se contracte sous les secousses, produisant un déferlement de jouissance entre mes cuisses, si puissant que tout mon corps en reçoit les chocs. Je perds même mon équilibre, alors Jaylen m’attrape les hanches.
J’échappe malgré moi plusieurs cris que Jaylen n’étouffe pas, sans doute parce qu’il voit qu’il n’y a plus personne dans la chambre. Je sens qu’il éjacule. Son sexe palpite puissamment à l’intérieur de moi et un liquide chaud me remplit. Au même moment, il enroule ses doigts autour de ma gorge pour me redresser et me plaque le dos contre son torse. Mon premier réflexe est d’enlever au plus vite sa prise pour éviter qu’il m’étrangle, mais il ne serre pas, non ; il dépose un baiser humide contre ma nuque. Sa queue pulse une dernière fois, puis il se retire. Sa semence coule entre mes cuisses. La quantité est surprenante. Son sexe est encore bandé quand il le range sous sa braguette.
Ce petit moment torride, dans le dressing, prend fin et je constate que Bev et Ethan ont bel et bien disparu. Autrement, ils m’auraient entendue et ça aurait été embarrassant.
Avant qu’on rejoigne la fête, un message de Joshua confirme à Jaylen que la Mustang qui rôdait a disparu. J’indique à Jaylen que je dois aller à la salle de bain pour me rafraîchir. J’ai son sperme qui me coule partout entre les cuisses.
Jaylen m’attend dans le couloir et parle au téléphone avec Joshua pour avoir plus de détails. Quand je termine d’uriner et de me nettoyer un peu, je prends le temps de sortir mon téléphone de mon sac pour vérifier l’heure. Je remarque une notification. C’est un message texte de Dustin. J’appuie dessus et découvre :
J’ai manqué ton anniversaire. Mais je ne t’ai pas oubliée. Je suis venu ce soir, rien que pour toi. Viens me rejoindre dehors, chez Fred. J’ai une surprise.
Il l’a envoyé il y a à peine huit minutes. J’ouvre la porte des toilettes et vois Jaylen toujours au téléphone, dos à moi, marchant dans le couloir entre quelques personnes. Je me faufile, telle une ombre, et longe le couloir en direction opposée. Je ne veux pas le mettre en colère parce que je ne respecte pas l’entente, qui est de toujours rester à portée de vue, mais je veux voir Dustin, et je veux absolument éviter que mon ami voie que je suis accompagnée de ce tueur ; il va faire une attaque.
Je suis tellement contente que Dustin soit présent. Alors je ne perds pas une seconde et je me dépêche. Je m’éclipse par l’escalier et trouve rapidement la sortie.