Tome 1 : Chapitre 40 (Engy) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Je me relève, le corps tremblant, et il marche vers moi. Je recule, totalement effrayée, prête à prendre la fuite.
— Qu’est-ce qui se passe, Engy ? T’aimes pas ton cadeau d’anniversaire ? Bon, il est un peu en retard, mais c’est l’intention qui compte.
Il me glace le sang. À chacun de ses pas, je recule.
— C’est moi qui ai fait ça, admet Jonas avec un regard acerbe. Pour que tu comprennes que t’as rien à faire avec nous. Tu ne redoutes plus Jaylen, mais moi je vais te faire trembler de peur, ma jolie. La prochaine victime pourrait bien être ta daronne. Je la violerai dans le parking sous-terrain de l’hôpital où elle travaille et je la laisserai pour morte dans une poubelle.
L’effroi est à son comble.
Je croyais que Jonas n’avait jamais tué. Que seul Jaylen…
— T’es un monstre… dis-je avec désarroi.
Il rit et passe une main dans sa tignasse. Puis il prend son téléphone et semble regarder un message.
— Est-ce que je lui dis que tu es ici ?
— À qui ?!
J’ai soudainement un violent vertige qui s’empare de moi. Ma vision se trouble, ma pression chute.
— Bah, au traqueur. C’est moi qui l’ai fait revenir en ville.
Ça y est, je commence à chanceler. La terreur me dévore à un point tel que je vais perdre connaissance. C’est Jonas qui a fait venir un traqueur pour que je finisse au ranch de Navid ?! Il veut vraiment que je reste loin de sa famille. Il m’en veut parce que Jaylen a choisi de me sauver moi, et a tué son père ? Non, c’est bien plus que ça.
Jonas fait un pas, puis deux, de manière calculée, vers moi.
— Oh… Engy… réalises-tu ce que t’as fait ? T’as baisé avec un tueur en série… ? T’es tordue dans ton genre, et ça me plaît. Malheureusement, tu dois dégager. Ce qui t’attend, c’est soit la mort, soit le ranch. Ta présence dérange. Tu perturbes ma famille et t’es en train de créer des problèmes avec le réseau.
Mon dos heurte un arbre et sans que j’aie pu le prévoir, Jonas se trouve déjà face à moi. Ses mains, posées de chaque côté de mon corps, m’emprisonnent. Son visage est si près… Il approche sa bouche de mon oreille pour murmurer quelque chose. Sa voix est menaçante. Son timbre vicieux se fait entendre :
— Oh… mais… attends ? Est-ce…
Jonas retire mon masque rouge pour voir mes nouvelles larmes jaillir.
— Engy… serais-tu tombée amoureuse de mon frère ?
Je baisse la tête, voulant éclater en sanglots. Avec sa main munie d’un bandage taché de sang à cause du doigt qui a été charcuté, Jonas relève mon menton pour que j’affronte son regard.
— Je suis presque désolé de te l’annoncer, mais… si tu ne le fuis pas, Jaylen finira par te tuer comme toutes les autres avant toi… Toutes ses copines sont mortes. Ça commence par de jolies marques, qui passent pour… un élan de passion.
L’index de Jonas effleure les blessures contre mon cou, dissimulées par du maquillage.
— Connais-tu la devise de Jaylen ?
Je secoue doucement la tête, sentant mon menton trembler.
— Si tu charmes un psychopathe et qu’il t’aime bien… tu te crois sauvée ? Non, il te tuera simplement en dernier…
Mes larmes continuent de se déverser. Je pourrais fuir, me défendre, mais je viens de découvrir que mon ami est mort et j’ai… vu sa tête. Je suis complètement figée. Incapable d’activer une seule défense. J’ai juste envie de m’effondrer en larmes et de ne plus jamais me relever.
— Je parie que mon frère t’a déjà manipulée pour que tu développes des sentiments pour lui… fait Jonas en approchant son index d’une mèche de mes cheveux alors que mon corps tremble.
C’est en susurrant qu’il ajoute :
— Ne te crois pas si spéciale. Tu penses que t’es consentante quand tu écartes les cuisses pour lui, mais en fait… il abuse de toi sans que tu t’en rendes compte. Il y arrive en te manipulant. Tu te sens protégée, alors tu t’offres à lui en guise de reconnaissance. Réponse classique d’une victime en détresse émotionnelle.
Son pouce caresse ma lèvre inférieure.
— Je t’offre l’ultime chance de t’écarter des Jann.
— C… com… comment ? bégayé-je.
Il laisse s’écouler quelques secondes, après quoi il prononce lentement le mot :
— Fuis.
Il contemple mon visage avant de rajouter :
— Retourne chez toi. Oublie-nous. Si je te revois dans notre maison ou auprès de mon frère, que tu lui témoignes la moindre affection, je rappelle le traqueur et il viendra te chercher. Alors… va-t’en. T’as plus besoin de sa protection si j’annule la traque.
Je ne sais pas pourquoi je reste campée. Incapable de débloquer mes jambes. Mon corps est pétrifié.
— Qu’est-ce que t’attends, hein ? Pars ! exhorte-t-il à présent tout en m’attrapant la mâchoire. Si tu ne disparais pas de ma vue, tout de suite, je te jure que je serai le premier en ligne pour profiter de toi lorsque tu seras au ranch. Je vais abuser de ton corps si fort que t’auras envie de crever. Et si tu te suicides, je serai enfin débarrassé de toi ! T’as pas idée de tout ce que je rêve de te faire. Tu ne supporterais pas une heure entre mes mains.
Jonas inspire mon parfum, hume mes cheveux. Il commence un décompte :
— À trois, si tu n’es pas loin de moi, je te démonte. Mes démons réclament tes cris pour bercer les ténèbres en moi… Un…
Je roule sous son bras qui me bloque le passage et commence à détaler.
— Deux… beugle Jonas, loin derrière moi.
Mes talons martèlent le sol à chaque pas de course. Je fonce droit devant moi, sans me retourner, sans jamais ralentir.