Tome 2 : Chapitre 37 (Engy) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Je me suis brossé les dents, j’ai mis du rouge à lèvres et j’ai couvert de fond de teint les marques restantes sur mon corps. J’ai ensuite enfilé une robe couleur cerise, comme les jumeaux me l’ont demandé. C’est en sortant du dressing que je maugrée pour la dixième fois :
— C’est pas une bonne idée…
Jonas surgit dans la chambre de Jaylen. Je le détaille, découvrant qu’il porte une chemise et un pantalon propre. Il est élégant.
— T’as peur de lui ? se marre-t-il en m’ayant entendue.
— Il va te tuer, tu le sais, ça ?
— J’ai pas peur de la mort. Au fait, t’es… super belle.
Mon regard s’ancre dans le sien. Il vient de me complimenter, là ?!
— Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Jonas ?
Il rit et me fait signe de me tourner. Je ne sais pas pourquoi je le fais, mais j’accepte qu’il m’aide à refermer ma robe. Ses doigts déplacent d’abord mes cheveux sur mon épaule. Ce geste délicat provoque une marée de frissons perceptibles sur ma peau. Avec Jonas, il y a un courant à haute tension néfaste non compatible entre nous. On se déteste, tout en restant à proximité ; c’est déroutant.
— Josh m’a aidé à mettre Jaylen sur la banquette arrière de sa Challenger. On est prêts à partir. Tu vois que je peux me montrer sympa. Je me suis aussi surpris à avoir de l’empathie : j’ai laissé mon frère se vider dans ta bouche avant de lui enfoncer l’aiguille dans le cou.
Je me fige. Quelle horreur ! En plus, il a tout vu. Il regardait depuis combien de temps ?
— Le laisser éjaculer avant de l’endormir ? J’y crois pas. Je pense que c’était parce que tu te rinçais l’œil et c’est tout. Tu ne fais jamais rien pour les autres, tu n’agis que par intérêt.
Je me retourne. Ses yeux sombres contrastent tellement avec sa tignasse blond polaire qu’il a lissée vers l’arrière.
Il contourne le sujet.
— En tout cas, tu as été sacrément efficace pour capter son attention. Bien plus que je l’aurais pensé. Il ne m’a pas vu venir. Mais un petit conseil…
— Lequel ?
— Ne porte pas de culotte. Ça servira à lui changer les idées s’il s’emporte en se réveillant.
Joshua conduit la Challenger et moi je suis à l’arrière, alors que Jonas est devant moi. Jaylen est étendu sur le dos, les genoux fléchis, et sa tête repose sur mes cuisses. Je caresse tendrement ses cheveux d’un noir ébène, tandis qu’il est toujours inconscient. Je redoute le moment où il va se réveiller.
Avec son téléphone, j’ai mis Somebody Told Me de Montionless In White
en Bluetooth, mais Jonas n’arrête pas de changer pour mettre Drown de Kim Dracula
. Il vante le chanteur. Il dit que la vidéo de Make Me Famous est un chef-d’œuvre musical. Qu’on y voit de la démesure, de la folie et du désordre psychotique. Que l’artiste hardcore envoie un arsenal de scènes chaotiques délectables et d’une pure vérité.
Joshua se fatigue et met Misery de Bring Me The Horizon, Linkin Park et Eminem
.
Alors que Joshua augmente le volume, les vibrations du système de son changent le rythme de la respiration de Jaylen et menacent de l’extirper de son sommeil.
En premier lieu, il bouge la tête, puis sa main, et arrive à remuer son corps. Étonnamment, il réussit à se redresser…
Ses paupières sont mi-closes, son corps chancelant. Il n’a aucun repère. Son réflexe primaire est de tuer le mec qui l’a mis K.-O. et qui est au volant de cette voiture. C’est pourquoi il tente d’enrouler son bras autour du cou de Joshua pour l’étrangler. Ce dernier perd la maîtrise du véhicule.
La voiture dévie de sa trajectoire et tangue vers l’accotement. On évite de justesse de tomber dans le fossé grâce à Jonas qui se jette sur le volant.
— Jaylen ! crié-je en essayant d’enlever ses mains de Josh sur le siège devant lui.
L’adrénaline filtre rapidement le sédatif dans son sang, ce qui lui permet de revenir à la réalité plus vite.
En entendant ma voix, il semble rassuré, et en jetant un œil à son environnement, il remarque ses frères.
— Enfoirés ! crache Jaylen. Je croyais que c’était Navid ! C’est quoi ces conneries ?! C’est toi qui m’as donné un sédatif ? J’étais pas en psychose, putain !
Jonas se marre.
Jaylen revient à la charge et va pour cogner son frère, mais Joshua donne un coup de volant, ce qui fait rasseoir Jaylen. Je touche son bras pour tenter de l’apaiser.
Il est encore somnolent, mais ça ne l’empêche pas de lorgner ma robe et mon décolleté. Il pourrait m’incendier du regard. Je crois que ça ne lui plaît pas, mais alors, pas du tout. Il lâche sèchement :
— Josh, arrête la voiture.
Mais ce dernier n’obtempère pas et se défend :
— Jonas a eu la bonne idée de sortir au Devil. T’as besoin de te détendre. Profite plutôt de passer du temps de qualité avec Engy pour faire quelque chose de normal pour une fois… Comme cette sortie, au moins pour une nuit.
Jaylen et Josh échangent un regard dans le rétro et se dernier ajoute :
— Je crois que le plan peut attendre encore un peu… Tu ne penses pas, Jay ?
Le plan ? Quel plan ?
J’observe Jaylen qui se cale dans son siège, frottant ses mains contre son visage et ses cheveux pour chasser l’engourdissement. On dirait que les propos de Josh le ramènent à la réalité, parce qu’il se tempère et, bizarrement, il ne proteste plus, même s’il est encore énervé.
— Quel plan qui peut attendre ?
Personne ne répond à ma question.
Ça doit avoir un rapport avec Navid et comment ils vont le tuer. Autrement, je ne vois pas.
Jaylen a un éclair de lucidité, se souvenant qu’avant d’être endormi, il recevait une fellation, alors il vérifie qu’il a son pantalon, que sa braguette est bien fermée, mais constate qu’il est encore torse nu. Il ronchonne :
— Il y a un code vestimentaire au Devil, je ne peux pas entrer comme ça.
— On t’a mis une chemise dans le coffre.
Jaylen n’ose pas me regarder. Il est à cran à cause de ma tenue, mais principalement à cause de Jonas. Josh a raison : Jaylen a été soumis à beaucoup de colère dernièrement avec ce que Navid m’a fait, le ranch qu’il a détruit et la traque pour anéantir son ennemi. Il a besoin d’une pause. On en a tous besoin.
J’ai envie de me blottir contre lui, mais il n’est pas assez serein. Alors, j’utilise l’idée qu’a eue Jonas pour changer les idées de Jaylen… même si je sens que je vais le regretter et que ça va l’énerver davantage.
Je prends la main de Jaylen qui ne bronche pas, qui reste de glace à contempler la noirceur des rangs de campagne à l’extérieur, et la pose sur mon genou.
Il n’a aucune réaction. Peut-être que sa main est encore un peu engourdie. Je relève subtilement ma robe et pose sa paume froide contre ma jambe brûlante. Je remonte le long de ma cuisse jusqu’à ce que ses doigts entrent en contact avec ma chair humide.
À présent, il tourne lentement la tête dans ma direction. Je n’arrive pas à deviner ce que son expression veut dire, car je ne l’ai jamais vu comme ça. Malgré la noirceur, je perçois les muscles de sa mâchoire tiquer. Finalement, c’était une idée de merde venant de Jonas.
Je tente d’écarter un peu sa main, mais elle reste bien en place, serrant même un peu plus ma cuisse.
On arrive en ville. Une fois qu’on passe devant un énorme bâtiment sur deux étages au coin d’une rue, je repère l’enseigne lumineuse rouge du Devil’s Fever avec le crâne. En dessous, il est écrit : Double Night Bar.
Les phalanges de Jaylen effleurent mes lèvres du bas et c’est par ce geste délicat que je sens qu’il se détend enfin.
Joshua conduit la Challenger jusqu’au parking réservé à l’arrière. Soudain, je sens la pulpe du doigt de Jaylen se glisser dans ma fente et je serre immédiatement les cuisses.
Même si j’essaie de le repousser, son bras use d’un peu plus de force et je sens son majeur glisser en moi.
Comme si de rien n’était, il s’adresse à Josh quand celui-ci éteint le moteur :
— Si j’accepte de passer du bon temps ici, tu me promets qu’à l’aube, tu fais ce que je t’ai demandé ?
Joshua se retourne et surprend la main de Jaylen faufilée sous ma robe, mais en fait abstraction.
— Tu as ma parole : je m’en occupe dès le lever du soleil.
Mais c’est quoi, ce secret entre eux ?
Jaylen enfonce deux doigts à présent et j’écrase mes ongles dans son bras tout en resserrant encore plus mes cuisses.
— Bien.
Joshua s’extirpe de la voiture et comme la portière du côté passager ne s’ouvre pas de l’intérieur, il ouvre celle de Jonas. Dès que je touche la poignée pour sortir à mon tour, Jaylen me saisit par la gorge et me plaque de force, dos contre la banquette, pour venir se positionner au-dessus de moi.
— Aïe ! Qu’est-ce que tu fais ?
— Tu t’es vue ?
— Quoi ?
— Toi, dans cette tenue, sans culotte… Je peux pas rester à côté de toi une minute de plus sans te baiser. Relève ta robe. Dépêche-toi.
Il a une libido insatiable. Autrement, ce n’est pas normal, puisqu’il a déjà joui. Il est probablement encore un peu amorphe à cause du sédatif, pourtant il arrive à bander.
Je n’ai pas le temps de me placer qu’il a déjà le pantalon baissé, il écarte mes genoux pour se nicher entre mes cuisses et se retrouve en moi.
Oh, bon sang !
C’est si soudain et brusque que je mords ma lèvre, retenant le geignement provoqué par la sensation qui me traverse tout entière.
Josh et Jonas attendent à l’extérieur sans se poser de questions, comme s’ils savaient pourquoi leur frère met du temps à sortir. Par chance, les vitres sont teintées.
Jaylen retrouve petit à petit sa vigueur, soulevant mes hanches pour rapprocher mon bassin de ses coups de reins. Le plaisir me fait vite perdre tous mes repères. Je m’accroche à ses bras, enfonçant mes ongles pour qu’il ressente la force à laquelle il martèle presque mes organes internes. Jaylen électrise toutes mes veines et paralyse tous mes muscles d’un coup, laissant mon corps totalement soumis à lui.
Il m’embrasse, puis plonge son visage dans mon cou où son souffle bruyant et anhélant brûle ma nuque.
Il râle :
— Au Devil, repousse tous les mecs qui t’approcheront. Je ne plaisante pas, Engy, sinon c’est moi qui le ferai. Et tu sais qu’ils finiront dans la benne à ordures, les membres découpés pour que les rats puissent se partager les morceaux.
Il fourre sa langue dans ma bouche et ça décuple mon plaisir. Je sens littéralement mon sexe mouiller encore plus. Même s’il a le chic pour dire des trucs macabres et possessifs quand on baise…
Mais le voir jaloux m’amuse un peu, je l’avoue. Cependant, ce qui est critique chez lui, c’est que ce ne sont pas des menaces en l’air. Il peut vraiment le faire.
Il accélère le rythme et je cambre la tête, retenant mes soupirs alors que sa respiration est puissante dans mon oreille. Une buée naît sur les vitres, causée par son corps devenant bouillant. Mes doigts longent ses bras, laissant sur leur chemin une nuée de frissons. J’agrippe ensuite sa nuque. Il plonge son visage dans mon décolleté et dégage une bretelle pour libérer un sein. Pendant qu’il le suce, mes doigts caressent ses cheveux noir de jais. Sa barbe de trois jours, un peu rude, marque le galbe de mon sein, me procurant une douleur agréable.
Une pression se loge dans mon bas-ventre, puis dans tout mon corps. Il relève à nouveau mon bassin d’une seule main et cette position, plus en angle, provoque un déluge de contractions entre mes cuisses qui étranglent son sexe. Alors que je gémis sous le coup de l’orgasme, Jaylen me pilonne un peu plus fort.
Puis, il se retire d’un coup pour éjaculer à côté de moi, sur la moquette de la voiture. Probablement pour éviter que je me promène avec sa semence en moi.
C’est le souffle court, la peau et les cheveux un peu humides, qu’il remonte rapidement son pantalon, replace ma robe et s’extirpe de la voiture.
Il termine de fermer sa braguette sous les yeux de ses frères.
Il semble pressé, comme si me baiser était l’étape un et que l’étape deux l’appelait. Et je découvre rapidement pourquoi en le voyant s’approcher de Jonas, le cogner brutalement pour ensuite l’agripper par le col et le plaquer contre sa caisse.
Je sors à mon tour.
— Ne t’amuse plus jamais à me sédater quand je suis PAS en psychose ! Parce que le retour du boomerang sera violent. Au point où je vais te causer une lésion à la moelle épinière et te paralyser en une fraction de seconde ! Tu passeras le reste de tes jours cloué au lit et ta quête de puissance dans ce monde ne se résumera plus qu’à savoir si t’es encore capable de bander !
Il relâche brusquement Jonas qui perd pied, mais arrive à retrouver l’équilibre.
Il s’est retenu pendant tout le trajet pour pouvoir lui en coller une ?
— C’est mal me connaître, Jay. C’est dans mon ADN : paralysé ou même mort, tout le sang de mon corps va se loger dans le membre le plus vital pour moi. Tu pourrais pas fermer le sac mortuaire parce que j’aurais la bite dressée comme la tour Eiffel.
Jaylen assassine Jonas du regard. Ce dernier replace ses vêtements et ose afficher un petit rictus en coin, ce qui présage qu’il va répondre avec une raillerie :
— Relaxe… Jay. Engy t’as fait la meilleure pipe du monde et tu viens à l’instant de la baiser. Et t’es toujours aussi tendu ? Clairement, elle te satisfait pas. T’es en manque, moi je dis. Et ça empire. Et ton humeur devient insupportable. T’as envisagé de revenir à tes habitudes ? À tes vrais besoins ? Chope-toi une déesse ce soir, massacre-la, torture-la et joue avec son sang. Engy, je veux pas te dénigrer, mais t’auras beau tout faire à Jaylen, il restera insatisfait. Ça fait trop longtemps qu’il a pas succombé à ses fantasmes.
Jaylen respire un grand coup et une buée s’échappe de son nez. Il est torse nu à l’extérieur, les cheveux un peu ébouriffés après notre petite baise rapide dans la voiture.
Il décide de ne pas relever, sinon, ça se voit, il va l’éclater au sol. Reste que Jonas adore me mettre mal à l’aise. Si Jaylen n’est jamais comblé, avec le temps, il va faire quoi ? Assouvir ses besoins en secret ?
Je préfère ne pas y penser, sinon je vais m’inventer des scénarios.
Jaylen va vers le coffre pour récupérer la chemise que Josh lui a préparée. Il la boutonne et vient ensuite vers moi pour prendre ma main.
On marche jusqu’au trottoir qui mène au coin de la rue. Le bâtiment en brique comprend des fenêtres teintées ; impossible de voir à l’intérieur. L’immense porte noire a une allure gothique avec des détails moulés dedans. Un portier en costard laisse passer les plus belles femmes qui font la queue dehors. D’ailleurs, il doit y avoir plus de quarante personnes qui attendent pour entrer. L’endroit a l’air luxueux. Tout un contraste avec le Red Holder, qui est plus pour les motards, un endroit qui empeste le crime organisé, le cul et la cigarette. Joshua est le premier à passer directement à côté de la file pour s’approcher du videur et lui donner une liasse de billets discrètement dans la main. On nous donne accès.
Une fois que j’ai le pied à l’intérieur, je suis imprégnée par l’atmosphère agréable même si en premier lieu, la déco ressemble à un donjon BDSM, mais pour riches. C’est très sombre, ça sent bon et il n’y a aucune fumée qui embrume l’air. On passe devant une dame en tailleur rouge avec une queue-de-cheval blonde qui prend l’argent de Joshua. L’hôtesse me sourit en voyant ma robe rouge qui semble être totalement dans le thème.
En arrivant dans la pièce principale un peu plus loin, on découvre un magnifique bar aux murs de brique noire et aux projecteurs rouges. Les immenses étagères vitrées pour les bouteilles d’alcool comprennent une faible lueur jaune, mauve et bleu. C’est très chic. Il n’y a aucune nudité ici, seulement des gens pleins aux as qui prennent un verre.
Je comprends pourquoi les Jann viennent ici à l’occasion. C’est en dehors du réseau, c’est magnifique et les femmes sont sublimes en tenue de cocktail. Elles ne sont pas désespérées comme dans le réseau, à coller les mecs pour leur fric et leur protection. Ici, elles ont de la classe et pour la plupart, je dirais qu’il y en a des plus riches que Jaylen. Il y a aussi des hommes d’affaires qui prennent un verre autour d’une discussion sérieuse, et un groupe de femmes, à côté de moi, qui échangent sur leurs entreprises.
On se dirige vers le bar pour passer commande et Jaylen me demande ce que je veux. Je me serais attendu à ce qu’il exige que je m’en tienne à l’eau vu à quel point il est de mauvaise humeur. Il y a une publicité sur un bout de papier plastifié qui propose d’essayer le Liquid Fever. On dirait de la vodka, du pétillant et de la grenadine. Je décide de prendre ça et quand le verre arrive, il est orné du logo du club avec un crâne de couleur rouge sang. Je prends une gorgée pour m’apercevoir que c’est très fort, mais délicieux. Pendant ce temps, Jaylen regarde son téléphone comme s’il avait reçu un message et se met légèrement à l’écart avec Joshua pour échanger sans que je les entende.
Je sens qu’on me tapote l’épaule. En me retournant, je découvre Véra.
— Hé ! fait-elle d’une voix chaleureuse.
Elle me fait un câlin, alors que je n’ai d’yeux que pour Galadrielle qui se dirige vers Jaylen pour lui faire la bise.
— T’es trop canon, me complimente Véra en détaillant ma tenue d’un regard gourmand.
La beauté de son visage est époustouflante. La ressemblance avec l’actrice Ruby Rose est vraiment frappante, avec sa coupe de cheveux un peu punk, ses bras découpés et ses tatouages partout. Elle porte un chemiser blanc par-dessus un top noir qui drape ses seins pour les faire disparaître et un pantalon chic noir.
Je ne savais pas qu’elles étaient invitées, mais si Véra est proche des Jann, ça se comprend. Toutefois, pour Gala, je l’ai un peu en travers de la gorge. La blondasse porte une robe courte de couleur rose avec des talons noirs. Je l’observe en buvant mon verre. Elle fait la belle et rigole. Elle s’adresse à Joshua, mais aussi à Jaylen en lui touchant le bras plusieurs fois. Son corps marqué par des mutilations et des cicatrices attire toujours mon attention. J’avais déjà remarqué ses blessures au Red Holder. Mais maintenant que je sais qu’elle a été la régulière de Jaylen, je me demande si c’est son œuvre… Si vraiment toutes ces marques de violence viennent de… lui. Il m’a déjà avoué que ce qu’il faisait avec elle, il ne le ferait pas avec moi. Il m’a aussi clairement dit que personne ne peut réaliser ses fantasmes et que Gala ne faisait qu’atténuer ses pulsions. Cependant, bien que j’arrive à faire jouir Jaylen, il n’y a que deux choses dont il est réellement raide dingue : le sang et la mise à mort. Je crois qu’il l’a mutilée et qu’il s’est maîtrisé pour ne pas la tuer. Je confirme que je ne pourrais pas risquer ma vie en lui offrant ce jeu malsain et gore à mon tour...
Je passerais à un nouveau niveau de folie si je ressentais de la jalousie face à ça. Mais reste que je l’envie…, elle arrive à lui donner un truc que je ne peux pas offrir. Jaylen se limite donc à faire ce que je suis capable d’endurer. Il m’étrangle, car psychologiquement, il s’imagine qu’il va me tuer et ce plaisir violent lui permet d’avoir un sentiment de satiété. Autrement, sans pensée sadique, je crois qu’il ne peut pas bander. D’ailleurs, la pornographie n’a aucun effet sur lui.
J’aimerais connaître ses pensées…
Ou pas…
Véra me parle de tout et de rien, mais je ne l’écoute pas vraiment. Je pourrais la remercier pour son implication auprès des enfants de la grange et ses contacts, mais ce n’est ni le moment ni le lieu. Il vaut mieux ne pas penser aux gamins torturés alors qu’on est ici pour se libérer la tête. Or, je vois dans ses yeux qu’elle a aussi envie de me demander comment je vais après ce qu’on m’a fait sur les terres de Navid, mais elle se retient.
Au bout d’un moment, elle me fait la bise et disparaît pour aller voir Gala. Je n’avais pas remarqué Jonas assis au bar à côté de moi, les yeux rivés sur Véra qui s’éloigne. Un hématome se dessine peu à peu sous son œil gauche. Jaylen n’y est pas allé de main morte. Mais il semble habitué à recevoir des coups en réponse à toutes ses conneries. Ça ne semble pas le déranger et c’est particulier. Jonas est impossible à déchiffrer.
— Elle te plaît ? Tu sais qu’elle préfère les femmes.
— Je sais, émet Jonas entre deux gorgées de sa bière. Mais elle fait du triolisme sans problème, alors ça me plaît. Gala est sa nouvelle petite amie. Toutes les deux m’offrent le plaisir de les observer au pieu… Elles se touchent, se doigtent, se lèchent, et dernièrement, Véra m’a permis de participer et de baiser Gala.
— Tu sais… je veux pas savoir.
Quoique, je retiens que Gala est passée à autre chose avec Véra et ça me rassure. Mais je reste sur mes gardes.
— Sûre ? Parce que c’était torride. J’étais étendu sur le lit, Gala était couchée, dos contre moi. Pendant que je lui caressais les seins et la sodomisais, Véra lui mangeait la chatte et la doigtait. Je ne voyais pas Véra, mais je sentais très bien sa langue passer sur ma queue quand j’entrais et sortais du cul de sa copine. Elle s’assurait de lubrifier la pénétration, sa bave me coulait même sur les couilles.
Je manque de m’étouffer avec une gorgée de mon verre. Qu’on lui donne un Oscar pour son manque de filtres. Non, qu’on lui foute à la gueule son putain de trophée et qu’on l’enterre avec.