Tome 2 : Chapitre 38 (Engy) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Jaylen me cache vraiment un truc qui accapare beaucoup son attention. Il s’éloigne souvent pour aller parler avec Joshua, et même Jonas. Je ne suis plus sûre que ça ait un rapport avec Navid puisqu’on me jette quelques regards, comme si ça me concernait, tout en s’assurant que je ne m’en mêle pas. Quand il revient vers moi une dizaine de minutes plus tard, il ne me laisse pas voir ses tourments. Malheureusement pour lui, il ne va pas s’en sortir aussi facilement. Adossé au bar, il se positionne devant moi et j’en profite pour lâcher :
— Tu comptes me dire ce qui se passe ? Et c’est quoi cette histoire de plan ?
— Non.
OK. Je m’attendais à des mensonges pour que je ne m’inquiète pas, et non à ce qu’il soit aussi franc et sec.
— Très bien. Jonas parle beaucoup. Je suis certaine que si je passe un accord avec lui, il me révélera ce que tu me caches.
Je le contourne pour aller voir son frère, seulement il stoppe mon élan et me repositionne contre le bar.
Il se rapproche, comme s’il voulait m’enlacer et m’embrasser dans le cou, toutefois, il murmure plutôt ces mots froids et macabres :
— Tu veux vraiment savoir ? J’ai juste envoyé des vidéos à Navid, de moi en train de… tuer sa femme. Et ça fonctionne… il me répond. Il est hors de lui et rentre chez lui pour voir si la tête est vraiment dans le frigo…
Je déglutis alors qu’il m’offre un regard sanguinaire. J’en ai des frissons sur tout le corps.
— T’as aimé ce que tu lui as fait ? dis-je sans retenir une part de jalousie, craignant qu’il ait pris son pied. Tu… l’as baisée ?
C’est bizarre, car il y a les nanas qui craignent que leur mec les trompe en baisant d’autres filles, et il y a moi, qui ai peur quand il tue une femme, parce que ça l’excite au point d’atteindre l’orgasme ultime.
Il fait descendre ses deux mains puissantes jusqu’à mes fesses qu’il presse pour ainsi rapprocher mon bassin du sien, et c’est dans un soupir enfiévré qu’il formule :
— Y’a que toi que je veux.
Je ne le crois pas, mais j’accepte qu’il mente, car je ne serais pas en mesure de digérer la vérité en face, même si je la connaissais.
Il m’embrasse à nouveau dans le creux du cou et ajoute entre deux baisers humides :
— J’ai même encore envie de toi. Cette robe est en train de me rendre dingue. Tu me fais perdre la tête, surtout en sachant que t’as rien en dessous. Si ça ne tenait qu’à moi, on passerait cette porte qui mène à la ruelle et je te baiserais si fort que tu en perdrais connaissance… Mais je préfère te voir bouger un peu…
Je ris.
— Eh bien, me voilà rassurée. Au moins, tu ne baiseras jamais mon cadavre.
Il fronce les sourcils.
— Non… je te parle de bouger ici. Je préfère t’emmener danser à l’étage pour te voir bouger et profiter. Autrement, c’est moi qui vais profiter de toi. Je vais abuser de ton corps toute la nuit et crois-moi, mieux vaut éviter.
— Mais peut-être que c’est ce qui me plaîrait, que tu abuses de moi autant que tu veux.
Il ferme les paupières en mordant sa lèvre.
— Hum…, fais pas ça, petite chose, tu mets à mal mon self-control. Ça provoque des pensées déviantes qui parasitent mon cerveau. J’ai très envie de te faire mal pour mon plaisir. Laisse-moi camper le rôle du copain sain d’esprit… le temps d’une nuit, histoire de passer un moment comme un couple normal. Viens.
Couple ? Bon sang… c’est la première fois que je l’entends prononcer ça. Ça me rend toute… niaise, toute moite, j’ai le cœur qui s’active et réchauffe ma poitrine. C’est bon, on est un couple ? Genre… c’est officiellement mon mec ? Je ne suis pas que la fille qu’il veut protéger par une envie éphémère ? Il projette réellement un avenir avec moi ?
Ses doigts enlacent les miens et je sens qu’il tremble un peu, ce qui m’étonne. Quoique, ça peut confirmer les propos de Jonas : Jaylen est de plus en plus en manque et je ne devrais pas provoquer ses parts d’ombre. D’un côté, il apaise ses tensions en baisant avec moi, et de l’autre, en tuant ses ennemis. Ce qui lui manque, ce sont les deux actes en même temps. C’est de ça dont il a besoin et que je ne pourrai jamais lui offrir.
Il m’incite à le suivre, m’emmenant danser à l’étage. On emprunte une cage d’escalier noire, éclairée par quelques néons rouges sous chacune des marches. Je jette un œil derrière moi, pour voir les jumeaux, Véra et Gala qui restent ensemble.
On monte à l’étage et, arrivés au palier, Jaylen pousse une porte. De l’autre côté, je découvre un night-club au décor surprenant. Il y a des poutres gothiques immenses, des murs de brique noire, des machines de glace sèche pour faire de la fumée au sol, un toit vitré qui s’élève à perte de vue, laissant voir le ciel étoilé.
Le DJ, qui porte un masque de démon rouge, passe la chanson Under The Influence de Chris Brown
. Un son à la fois entraînant et sensuel. Je me faufile à travers la flopée de gens jusqu’à trouver un espace restreint, mais suffisant pour pouvoir boire mon verre et suivre le rythme. Jaylen se fraye un chemin derrière moi. Ses bras m’enlacent pour me ramener contre lui afin qu’il sente mon déhanchement langoureux. Il ne danse pas, profitant seulement du moment pour embrasser mon épaule et mon cou tout en baladant ses mains sur mon corps. Il caresse ma taille, mes hanches et mes cuisses, puis malgré la puissance des enceintes assourdissantes, il murmure dans le creux de mon oreille :
— Merci d’être toujours là. Même quand tu te réveilles dans des draps sanglants, t’es encore… là. Je te promets que tout ce qui gravite autour de nous à cause du réseau sera bientôt terminé.
Il resserre ses bras autour de ma taille alors que ma tête est appuyée contre lui. Ça me fait un bien fou d’entendre ses mots. Je lui avoue :
— Je traverserais l’enfer rien que pour te rejoindre, Jaylen…
Mes mots le font vibrer, puisqu’il effleure mon épaule avec son souffle chaud et je sens son excitation grimper en flèche. Il resserre sa prise possessive, m’enlaçant de ses bras pour ensuite laisser aller à nouveau ses mains baladeuses sur moi, jusqu’à toucher mes seins. Personne ne nous regarde de toute façon. Je continue de suivre le rythme de la musique, fermant les paupières, restant contre Jaylen.
Quand j’ouvre les yeux pour prendre une gorgée de mon verre, je me fige, arrêtant net de danser. Enivré, Jaylen continue d’embrasser mon épaule et mon cou avec ses mains sur moi, sans se rendre compte que toute mon attention est portée sur un type, un peu plus loin. Il est adossé contre le mur de brique noire, avec son regard de maniaque rivé sur moi.
C’est une hallucination.
Il y a de la drogue dans mon verre ? Parce que là… je vois Zachary, avec la moitié du visage défiguré. Il porte un costard noir, chic, avec une cravate rouge, et ses cheveux sont soignés avec du gel. C’est comme être face à un monstre qui tenterait de cacher sa laideur. Zachary me lorgne sans ciller tout en jouant avec le briquet dans sa main, comme s’il rêvait de tout brûler. Moi la première.
Soudain, une personne me cache et je ne peux plus discerner cette vision horrifique.
Quand la fille qui danse s’écarte, mon hallucination a disparu.
— Ça va ? me demande Jaylen.
On dirait que ma conscience veut me hanter, pour me rappeler ce que j’ai fait et ce que je cache à Jaylen.
— Qu’est-ce que t’as ?
— Rien, je… j’ai besoin d’aller aux toilettes une minute.
Ses frères, Véra et Gala arrivent et j’en profite pour m’éclipser, ainsi il me perd de vue en un instant, mais ne mettra pas longtemps à me pourchasser pour avoir constamment un œil sur moi. Seulement, je n’ai pas besoin d’être accompagnée jusqu’aux toilettes, surtout que là, j’ai besoin d’être seule un moment.
J’atteins la cage d’escalier où le panneau indique que les toilettes sont au sous-sol. Je descends, suis les indications et passe dans un couloir où je repère l’espace réservé aux femmes. Il faut faire la queue. Au moins six personnes sont devant moi, alors que l’espace des mecs est désert. Pendant que personne ne me regarde, je longe le couloir et me faufile dans les toilettes des hommes.
Je referme la porte, détaillant l’environnement. Au Devil’s Fever, même les toilettes sont luxueuses. J’approche du miroir pour me contempler un moment et essayer de calmer les battements de mon cœur. Ça frôle la crise d’angoisse. J’essaie de repousser le moment où je vais devoir révéler à Jaylen ce que je lui cache. Quand ? Comment ? Je n’en sais trop rien. Je suis encore dans le déni, comme si ce n’était jamais arrivé.
Je ne reconnais plus mon regard dans le reflet du miroir. Mes yeux n’ont plus l’éclat vert émeraude d’autrefois. Mes prunelles sont plus foncées et mes cernes rendent mes traits plus dépressifs. J’ai l’air d’une personne dénuée d’âme après de nombreux traumatismes et… d’une criminelle.
En fait, je ne comprends que maintenant que j’en suis une.
La porte s’ouvre, laissant la musique du bar vibrer et se diffuser dans les toilettes. Il s’agit d’une version lente de Tuesday, de Danielle Sandoval
. J’écarquille les yeux en voyant la personne qui entre.
Le traqueur.
Il referme derrière lui.
Ce n’était pas une hallucination.
Il n’est pas mort.
Il est bien réel.
Son visage est à moitié défiguré avec des cicatrices qui suintent de sang.
Je recule prudemment, alors que ses pas dans ma direction me donnent la chair de poule. Mon corps se crispe, ma gorge se serre. Je n’ai plus la capacité de crier et de l’implorer. Je laisse simplement les minutes de ma vie s’écouler lentement, sachant que je vais souffrir.
Mon dos s’appuie lentement contre le mur. Zachary se rapproche dangereusement, son visage est à un centimètre du mien. Je tourne la tête par peur de voir ses balafres de près. Il bloque les issues de chaque côté de mon corps en posant ses mains contre le mur. Même Navid ne me faisait pas trembler à ce point. Le voir en vie et si près de moi me donne une brutale piqûre qui me ramène à la réalité. Le déni s’envole, ma confiance en moi s’évapore, la force que je croyais posséder diminue. Je peux sentir le courage me quitter. À côté de lui et de son regard terrifiant, je me sens si frêle. J’ai envie de me faire pipi dessus.
Il ne dit rien, se contente d’approcher une main de mon visage alors que tout mon être tremble en imaginant qu’il va m’étrangler, mais il caresse une mèche de mes cheveux. Il se rapproche encore pour humer mon odeur. Puis je sens ses lèvres frôler ma joue pour y déposer… un baiser subtil.
Il recommence. Cette fois, sa bouche effleure le coin de la mienne et je lâche un gémissement nerveux.
— Chuut… Engy… N’aie pas peur de moi. Je t’en prie. Ça me fait mal de te voir effrayée.
— Je… je voulais pas…, tenté-je alors qu’il pose son index sur mes lèvres.
— Chuut… Je sais. Zach allait te faire du mal et te violer, tu as fait ce qu’il fallait.
Zach ? Donc là, devant moi, c’est Zachary ? Celui qui n’aime pas la violence ?
— C’est moi qui suis tellement désolé, Engy. Je t’ai pas protégée de lui. Résultat : t’es retournée dans les bras de Jaylen.
— Oui, mais… c’est parce que tu m’as fait peur.
— Je comprends, mais ça n’arrivera plus. J’ai dû faire un marché avec Zach pour qu’il te laisse à tout jamais tranquille et me laisse t’aimer sans te faire du mal.
— Lequel ?
— Déjà, tu dois prouver que tu veux vraiment être avec moi en m’embrassant, ici et maintenant. Ensuite, ce soir, tu vas devoir tuer Jaylen. Si tu fais ça, je donnerai ma vie pour toi et Zach sera ton allié. Et crois-moi, avec lui et moi en symbiose, tu peux être sûre que tu seras la femme la mieux protégée du monde. Il ne sera jamais plus une menace pour toi. En revanche, si tu t’opposes… je pourrai pas l’arrêter, Engy. Et… je crois que… je vais le laisser te tuer. Parce que… ça fait trop mal d’être obsédé par toi sans pouvoir t’avoir.
Ma peau est moite, faisant coller ma robe à mon corps. L’air est comprimé dans mes poumons, comme si j’étais en train de plonger dans le fond de l’océan et que remonter à la surface m’était impossible. Je suis au bord du malaise.
— Tu sais, Engy… j’ai été plus que patient. Je t’ai pardonné tes fautes, ton amour pour Jaylen, même si tu veux me faire croire que t’es près de lui par intérêt et protection, je t’ai pardonné de me résister, de me fuir, de me blesser et de me laisser pour mort. Mais cette fois, c’est ta dernière chance. Sois à moi. Tu es la première à faire battre mon cœur et sache que tu seras toujours la seule. Il n’y a pas plus fidèle que moi.
Je déglutis.
Il effleure ma joue avec le dos de son index et ajoute d’une faible voix :
— Découvre le bonheur avec moi… Laisse-toi aimer… désirer… protéger… vénérer…
Il se rapproche et mon cœur rate un bond. Il fait le premier pas pour qu’on s’embrasse. Ses paupières sont fermées, ses lèvres effleurent les miennes et il attend. Je perçois que sa respiration est calme, alors que la mienne est défaillante. Mon moi intérieur a envie de lui envoyer un coup de genou, de le repousser et de fuir pour lui échapper, mais ma raison me fait comprendre que dans cette situation, mon espérance de vie s’allonge si je me soumets.
C’est malgré moi, et avec une rage qui me consume, que je relève seulement le menton pour que mes lèvres se fondent aux siennes.
Le choc me percute. Il n’y a pas seulement lui qui peut me tuer, mais désormais Jaylen aussi s’il apprend ce que je fais… Ce geste allume une peur viscérale dans mon corps, troublant toutes mes perceptions. Jaylen m’a appris à modifier les codes de la peur par le désir, et ça semble aussi se manifester avec Zach.
Quelle horreur !
Je sens ma peau picoter, mon bas-ventre s’électriser, mon entrejambe se réchauffer. J’ai envie de m’effondrer de honte. Pleurer toutes les larmes de mon corps et hurler pour me débarrasser de cette excitation qui surgit par mécanisme, signe que ma psyché est chamboulée. Mon corps ne réagit pas en accord avec ma conscience, mais comme réflexe de survie. Il n’y a plus rien qui va chez moi.
Les ardeurs de Zachary augmentent tant, que sa langue franchit la barrière de mes lèvres, et je laisse échapper un frémissement qu’il interprète comme du désir. Dans ma tête, je suis plutôt perturbée et dégoûtée.
Ses mains touchent ma robe, la relevant en caressant mes cuisses, et les miennes l’arrêtent aussitôt.
— T’inquiète pas, je ne suis pas Zach. Moi, je n’irai pas plus loin. Je rêvais juste de toucher ta peau, mais je veux prendre mon temps avec toi…
Je ne veux ni Zach ni Zachary.
Alors que Zachary m’embrasse dans le cou cette fois et revient sur mes lèvres avec avidité, je suis surprise par une silhouette qui entre dans les toilettes.
Je repousse Zachary et replace ma robe. Je me pétrifie en voyant Joshua.
Personne ne parle. Josh ne fait qu’observer Zachary qui essuie mon rouge à lèvres sur sa bouche et replace la bosse tendue dans son pantalon. Puis… ses yeux dévient vers moi.
— Tout… va bien ?
Je hoche la tête, même si tout ce que je veux, c’est fuir vers lui et lui expliquer, mais dès que je m’éloigne de Zachary, ce dernier attrape mon poignet, ce qui fait réagir Joshua.
— Lâche-la !
— Si tu permets, Josh, c’est entre elle et moi… spécifie Zachary.
— Non, je ne te permets pas. Libère son bras.
Zachary vient murmurer dans mon oreille :
— N’oublie pas… Tue Jaylen ce soir, pour moi. Pour nous. C’est dans ton intérêt. Promets-le-moi.
Je le fixe. Son regard est intensément plongé dans le mien.
— Je… je te le promets.
Il me laisse partir. En prenant la sortie, j’ai Josh sur les talons, qui me suit dans le couloir pour ensuite m’accoster.
— Tu trompes mon frère ?
— Non ! Jamais ! Juste… c’est compliqué. Je suis… Josh… je t’en prie, ne dis rien à Jaylen, je vais lui parler. Et ce n’est pas ce que tu crois. T’as vu son visage ? C’est moi qui lui ai fait ça. Il me menace, Josh. Et je ne sais pas encore comment mettre ton frère au courant, mais j’y travaille.
— En te faisant tripoter en cachette par Zachary… et à l’anniversaire de Jay…
— Non ! Je te l’ai dit, c’est compliqué. Je suis contrainte.
— D’accord, et tu ne demandes pas notre aide ? Vois-tu, j’ai du mal à comprendre, Engy. Tu as trois Jann sans pitié à ta disposition et t’es pas venue nous mettre au courant que Zachary te forçait à quoi que ce soit. Tout ce que je sais, c’est ce que j’ai vu : la copine de mon frère qui embrasse un autre mec dans un endroit isolé. Mets tout de suite Jaylen au courant de tes secrets, sinon je vais devoir le faire, et je plaisante pas.
OK, il est loyal avec son frère, c’est tout à son honneur. Il laissera sans doute Jaylen me faire la peau s’il décèle que je trahis sa famille.
Je le déçois, ça crève les yeux.
— Je m’excuse, Josh…
— C’est pas à moi que tu dois présenter des excuses.
— Je m’excuse de t’avoir menti. Je ne me suis pas échappée toute seule de la grange… Zach était là pour tuer Bev et… moi. Pour m’épargner la vie, il m’a revendiquée et c’est à ce moment, quand il m’a détachée, que je me suis enfuie. Je n’appartiens plus à Jaylen et j’ai toujours pas trouvé les mots pour le lui annoncer. J’ai une peur extrême de sa réaction. Le baiser que tu as vu… m’assure seulement de rester en vie.
— Eh bien, maintenant, trouve un moyen de rester en vie en racontant tout à Jay. J’ai besoin de prendre l’air…
Joshua passe à côté de moi et disparaît.
Stressée, j’ai du mal à respirer. C’est comme si une remorque me roulait sur le corps. J’ai des étourdissements et ma vision se trouble alors que je tente de retrouver Jaylen.
Je n’ai plus le choix. Je dois tout lui dire et maintenant.
J’entends la chanson Dusk Till Dawn de Zayn
dans le club, dans la cage d’escalier. C’est la version Deep House Remix.
Plusieurs personnes passent jusqu’à ce que je croise Jaylen, qui m’intercepte dans les marches.
— Engy, ça va ? T’en as mis du temps.
Je m’adosse contre la rampe et il se positionne pour que personne ne passe à côté de moi.
— Euh… oui. J’étais juste aux toilettes, je ne me sens pas très bien, je sais pas ce que j’ai.
Il fronce les sourcils, l’air inquiet, et me détaille. Avec son pouce, il essuie ma lèvre et je réalise que mon rouge à lèvres devait déborder.
— Tu veux sortir prendre l’air ?
J’acquiesce, redoutant de croiser Zachary ou même Joshua qui pourrait me devancer et parler à Jaylen.
Il me prend la main et nous fraye un chemin pour descendre et nous diriger vers la sortie. Je ne peux m’empêcher de regarder autour de moi.
Quand on traverse la porte, la fraîcheur m’envahit et apaise aussitôt mes nerfs. Même si une buée s’échappe d’entre mes lèvres, je savoure le fait d’être à l’extérieur.
Je marche vers sa voiture, voulant clairement fuir les lieux. Quand je l’atteins, ma main harponne la poignée, mais la portière est verrouillée. Je me retourne. Jaylen n’est pas dupe, il sent mon empressement.
Il pose ses mains ardentes contre mes épaules et tente de me réchauffer un peu pour ensuite m’enlacer pour me mettre au chaud.
— Qu’est-ce qui va pas ?
Alors que je suis dans ses bras, les miens entourent sa taille et je colle mon visage contre son torse.
— En fait… ça va pas du tout, Jaylen. J’ai merdé. Et… pas qu’un peu.
Il ne bouge pas, mais je sens les battements de son cœur devenir plus forts. Une légère pluie commence à tomber.
— Est-ce qu’on peut partir d’ici ? Il faut qu’on parle.
Il s’écarte lentement et je sens qu’il devient tendu et sur ses gardes.
Il prend une grande inspiration et déverrouille les portières de sa Challenger. Sans dire un mot, il fait le tour et se glisse derrière le volant. Si on part, ses frères devront revenir en taxi, mais il ne les avertit même pas. Il se contente de démarrer le moteur et d’attendre que je monte.
Je balaye des yeux les alentours à la recherche du véhicule de Zachary, mais aucun risque, je ne le vois pas, alors je pénètre dans le bolide.