Tome 2 : Chapitre 7 (Engy) - Somber Jann (Saison 1 & 2)
By Cynthia Havendean
Son couteau assez massif ressemble à celui qu’utilise Ghostface, dans la série de films Scream, avec un manche imposant, lisse et un peu courbé à l’extrémité. Il a l’air lourd. S’il me plante avec la lame, la douleur sera fatale. Je tressaute quand il l’approche de mon nombril et je rentre mon ventre pour éviter qu’il me touche. Je n’y échappe pas : il effleure ma peau avec la pointe de métal affûtée.
— Jaylen…, tenté-je pour le ramener à lui, craignant qu’il dérape.
Mais avec son regard, il m’indique qu’il sait très bien ce qu’il fait, et même que ça l’amuse de me voir nerveuse. Avec la lame, il commence à couper mon débardeur blanc. Il use de sa force pour le détruire. Il s’occupe ensuite de mon soutien-gorge, faisant céder chaque bretelle et l’attache entre mes seins avant de balancer les lambeaux sur le plancher.
Mes seins sont exposés et je ne conserve pas longtemps ma culotte, puisqu’il s’assure de la percer avec la lame et de la déchirer avec la force de ses doigts.
Le sexe à découvert, j’ai le réflexe de fermer les cuisses par pudeur, toutefois, je suis contrainte à les laisser écartées à cause des chaînes. La timidité me monte aux joues et une chaleur accablante recouvre ma poitrine.
Ses doigts gantés frôlent mon genou et remontent jusqu’à l’intérieur de ma jambe. Son index glisse dans ma fente pour effleurer mon clito et j’inspire puissamment. Il opte pour deux phalanges. En découvrant que c’est déjà très lubrifié, il les fait pénétrer en moi sans attendre. Cette fois, c’est son souffle qui devient défaillant et un peu plus bruyant. Pendant ses mouvements de va-et-vient, je cambre doucement la tête. La sensation avec son gant est nouvelle pour moi, mais exquise.
Seulement, je me redresse quand quelque chose me pique le long de la jambe. Jaylen fait glisser le couteau et la lame marque légèrement son chemin, laissant une fine éraflure blanche… sans causer de saignement. Puis, sous mes yeux ébahis, il retourne le couteau pour le tenir par la lame avec sa main gantée. Il crache ensuite sur le manche pour y étaler sa salive…
Il va pas faire ça ?!
Oh, si !
Avec l’objet couvert de bave, il caresse les plis de mon intimité.
C’est quoi ce délire ?!
Je remue, tire sur mes liens qui étranglent mes poignets et mes chevilles.
— Jaylen, t’as pas intérêt à faire ça !
À cet instant, je sens le manche s’engouffrer lentement. Troublée, je cambre les hanches et la tête, forçant à nouveau sur les cordes, expulsant une plainte. En m’entendant crier de stupeur, il enfonce le tissu coupé de ma culotte dans ma bouche et accélère le mouvement de pénétration.
Si le couteau sert à me masturber, ça veut dire que… si j’avais choisi le revolver, il me l’aurait…
Il est malade ?!
Mon corps se tend de peur, mais je constate tranquillement que la sensation qui se diffuse en moi, précisément entre mes cuisses, est… surprenante. Le manche est froid et la courbe appuie sur une zone très sensible à l’intérieur de moi. Je mords le tissu et constate que je ne soupire pas seulement d’angoisse, mais aussi de jouissance. Jaylen se hisse au-dessus de moi. Il embrasse avec ferveur chaque partie de mon corps, allant de mon cou au galbe de mes seins, puis mon ventre et mon flanc, terminant son tracé jusqu’à l’aine, sans jamais cesser les mouvements de va-et-vient. Plus il augmente la cadence, plus je mouille.
Ma respiration haletante devient si bruyante et rapide qu’il décèle la montée d’un futur orgasme qui menace de se déclencher. J’ai envie de le supplier d’arrêter, mais c’est trop bon. Ses gestes, ses baisers, son parfum et l’acte tordu m’envoient une vague de chaleur et provoquent un doux et inattendu tremblement dans mon corps.
Oh, merde !
Je sens que ça vient, mes jambes se tendent, mon cœur cogne violemment dans ma poitrine, et mes soupirs sont rapprochés et de plus en plus implorants. La première contraction au niveau de mon bas-ventre engendre un geignement suave qui sort sous le bâillon de ma bouche. Or, une vive brûlure surgit à l’intérieur de moi et je plisse le visage. Jaylen retire d’un coup le manche, me laissant pantelante, au bord de la jouissance, mais avec une légère douleur interne.
Il m’a peut-être coupée ?
Je redresse la tête et le vois se débarrasser du couteau pour ensuite prendre le masque de crâne noir et l’enfiler.
Jaylen se positionne au-dessus de moi, arborant son masque à quelques centimètres de mon visage. Je retiens mon souffle. J’ai cette effroyable impression d’avoir une autre personne en face de moi. On n’a rien fait pendant cinq mois et s’il perd le contrôle, je ne pourrai pas le déceler sur ses traits.
Ses hanches trouvent refuge entre mes cuisses écartées où mon sexe lui est offert. Son gland s’appuie contre l’entrée de mon vagin lubrifié et c’est hâtivement qu’il y enfonce entièrement sa verge.
Il pousse un soupir de plaisir alors que je mords le tissu en gémissant. Jaylen est tellement dur qu’un seul coup au fond de moi et mes jambes tremblent déjà. Si j’avais de la douleur, mon corps en a fait abstraction pour que je prenne du plaisir.
Sous son masque, il observe sa queue me pénétrer et ce spectacle menace de le faire jouir trop vite, c’est pourquoi il se retire délicatement et opte pour me masturber avec ses doigts gantés. Il n’y va pas en douceur, non, il veut me faire jouir et sait exactement comment y parvenir.
Je pousse mes hanches vers lui pour décupler le plaisir. Avec son autre main, il caresse mon clito à une vitesse que je suis moi-même incapable d’atteindre quand je me masturbe. Cette technique est instantanée, mon corps se crispe, mes jambes se raidissent, ma respiration s’entrecoupe et un divin orgasme se déverse dans mon bas-ventre et entre mes cuisses, laissant sur son sillage des secousses délicieuses.
Jaylen enlève ses doigts alors que mon orgasme est en cours et replonge son sexe en moi sauvagement, pour sentir les dernières contractions de mon vagin. C’est la sensation la plus exquise qui soit.
Il enlève la culotte coincée d’entre mes dents serrées pour enfoncer ses doigts gantés dans ma bouche pour que je goûte ma cyprine. Mais elle a plutôt un goût métallique. Pendant ses coups de reins brutaux, la douleur se manifeste à nouveau à l’intérieur de mon vagin, comme si une petite coupure s’aggravait. Je lâche un cri que Jaylen étouffe aussitôt d’une main contre ma bouche. Il observe mon entrejambe de plus en plus mouillé et ce qu’il y découvre le fait trembler de plaisir.
Je saigne ?
Jaylen m’enveloppe de ses bras, gardant toujours une main contre ma bouche, et me pénètre avec une telle fougue qu’une succession de soupirs bruyants résonnent sous son masque. La douleur s’intensifie et mes sons étouffés augmentent, ce qui le stimule dangereusement.
Puis il s’arrête d’un coup et je l’entends gémir puissamment sous son masque. Chaque fois que son membre palpite intensément, un liquide chaud et abondant se déverse en moi. Son orgasme perdure, si bien que quand il se retire, je jette un œil à son sexe bandé qui expulse encore un peu de sperme. Je vois les dernières gouttes sortir de son urètre et couler sur son gland. Or, je vois aussi le sang sur sa queue, signe qu’il m’a fait une lésion. C’est la vue de l’hémoglobine qui l’a rendu si fébrile au point de le faire éjaculer ?
Avec une de ses mains gantées, il caresse son érection pour ensuite presser son gland afin de faire jaillir la semence qui reste. Il vient ensuite étendre le sperme sur mon clito sensible. Avec son autre main, il retire son masque pour fondre ses lèvres contre les miennes. Pendant qu’il m’embrasse et que sa langue franchit la barrière de mes lèvres, ses doigts continuent de me caresser et vont même jusqu’à l’intérieur de mon vagin pour mélanger son sperme avec le sang. Je n’ai plus de douleur, je voudrais même recommencer. Mais Jaylen finit par arrêter de m’embrasser, puis s’écarte du lit. Son sexe est toujours en érection. Quand il retire ses gants, je vois ses veines gonflées serpenter sur ses phalanges et ses jointures. Il ne semble pas pressé de m’enlever mes contentions.
— Je ne sens plus mes mains ; tu comptes me détacher ?
Jaylen se contente de se rhabiller. Je l’observe enfiler son boxer, son t-shirt noir et son pantalon où son érection déforme sa braguette. D’une main, il ébouriffe un peu ses cheveux, s’empare ensuite de sa veste de cuir et termine en s’allumant une clope.
— Jaylen ? Faut que je prenne une douche.
— Malheureusement, Engy, tu vas rester avec mon foutre en toi, attachée au pieu, tant que tu refuseras de répondre à ma question.
Je fronce les sourcils.
— Tu plaisantes ? Quelle question ?
— À qui t’as parlé au Red ?
OK… Je comprends maintenant. Il ne m’a pas attachée au lit parce que je l’ai supplié ; il l’a fait parce qu’il y voyait une occasion de me contraindre à parler. Enfin, après m’avoir baisée.
— Jaylen, t’es pas sérieux ?
D’après son expression, il l’est.
— C’est quoi, c’est ta façon de me punir ?
— Exactement. Sois reconnaissante parce que j’avais pas l’intention de te permettre d’avoir un orgasme, mais je me suis senti… généreux. Je me suis dit que de te garder ligotée était suffisant comme punition.
Je ris amèrement. Forcément, il blague.
— T’es pas drôle. Détache-moi.
Il me regarde avec froideur. Non, mais il déconne ? Il a réellement la haine ? C’est pour ça, son petit délire du couteau ou du revolver ? Ça lui procurait la sensation de me punir ? Mais il a vu que je prenais mon pied, ça l’a excité et il m’a permis de jouir. Ce qui n’était donc pas prévu.
Il se rapproche du lit, vérifiant qu’un de ses nœuds est bien serré.
— Tu sais, Engy… le truc, c’est que je sais à qui tu as parlé au Red, car j’ai senti son odeur sur toi. Mais le fait que tu refuses de me le dire m’indique que tu me caches quelque chose. T’as intérêt à… jamais te foutre de moi. Alors, confirme-moi son nom tout de suite et dis-moi ce qu’il t’a fait.
L’inquiétude traverse mes yeux et il le voit.
— T’as peur de quoi, exactement, Engy ? De moi ?
— Je… je voulais pas t’en parler parce que… je savais que ça te mettrait en colère. T’énerve pas…
— Est-ce que j’ai une raison de m’énerver ? Moi, tout ce que je veux, c’est m’assurer qu’il t’a fait aucun mal. Que tu me dises rien me rend parano. Depuis qu’on est arrivés, je me demande ce qu’il a bien pu faire pour que t’évites de m’en parler. Il t’a touchée ? Il t’a balancé quoi d’autre, en dehors de mon ancienne régulière ?
— Rien… c’est… t’énerve pas, s’il te plaît. C’est juste que… Zachary, qui est… ou… était mon traqueur, est venu vers moi et…
À la seconde où je prononce le nom de Zachary, je lui confirme que le parfum qu’il a décelé sur moi appartient bien à son ennemi. Il se maîtrise, mais je vois que ça ne lui plaît pas.
— Et ?
— Eh bien… il ne m’est pas apparu… méchant. Tu m’avais dit un jour que le traqueur était un gars sorti de l’asile, un tueur d’enfants, d’hommes, de femmes, etc. J’ai été… surprise. Je ne sais pas comment dire. Il semblait plutôt protecteur, et non dangereux. Il s’est montré gentil. Ou… non… charmant.
En entendant mes paroles, Jaylen riposte d’emblée, mais sa langue fourche et il bute sur ses mots. Il reprend une inspiration et cette fois, son ton change :
— Ch… charmant ? Charmant, Engy ? Non, mais tu te fous de ma gueule ?!
— Non ! Mais attends ! Je… je cherche mes mots ! J’essayais juste de dire qu’en fait… il ne me veut pas de mal et… donc, que tu peux te détendre; je ne suis pas en danger. Je pense.
— Arrête ! M’énerve pas ! me réprimande-t-il.
Jaylen coince la clope au coin de sa bouche et met des balles dans son revolver avant de le placer à sa ceinture. Ça me rassure dans un sens de savoir que le chargeur était vide quand il songeait à l’utiliser comme jouet sexuel.
Il ramasse ensuite les clés de sa Challenger et commence à dévaler l’escalier.
— Jaylen ! Ne me laisse pas comme ça !
Trop tard : j’entends la porte claquer, suivie du grondement du moteur de son bolide.
Eh merde ! Je vais finir en enfer.
Ah non… j’y suis déjà.